Enterrée samedi, au cimetière Paradiso, dans la ville Kisangani, Élisabeth Isikisiki Beagaba, affectueusement appelée « Maman Condiffa » ou « Bi Elizabeti », laisse derrière elle un vide immense. Chef de Division provinciale du Genre, Famille et Enfants, cette battante s’est éteinte dans la nuit du mardi 1er septembre 2026, plongeant toute la province et la République Démocratique du Congo dans une profonde consternation.
« Il y a des départs qui nous laissent sans voix, des disparitions que les mots peinent à expliquer et des personnes dont l’absence crée un vide que le temps ne saurait facilement combler ! »
C’est par ces mots poignants que les femmes de la Tshopo expriment leur douleur suite au décès de maman Élisabeth Isikisiki Beagaba.
Disparue à un moment charnière où la République Démocratique du Congo fait face à des grands enjeux pour la restauration de la paix et de l’État de droit, cette grande dame laisse l’image d’un véritable baobab tombé. Ancienne figure de proue de l’ex-Province Orientale, elle fut une femme courageuse, ne tremblant devant personne, capable de défendre ses idées jusqu’au bout, seule contre tous, tout en se montrant une fidèle accompagnatrice des mouvements féministes.
Maintenant que nous nous apprêtons à la conduire à sa dernière demeure, que pouvons-nous retenir de cette grande dame ?


Isikisiki Beagaba toujours dans les avions ; Isikisiki dans les pirogues, dans les véhicules et à pieds, parcourant des routes impraticables pour la cause de la femme et de l’enfant. Isikisiki sur des motos.
Une bibliothèque consumée au service des droits humains
Femme de conviction, Maman Isikisiki a marqué de son empreinte de nombreux foras à travers le pays consacrés aux droits des femmes et des enfants. Sa contribution active à la rédaction de textes de loi et ses prises de position tranchantes lors des débats ont fait d’elle une référence incontournable.
À Kisangani, elle a inlassablement lutté pour la représentation effective des femmes dans les institutions tant provinciales que nationales. Véritable mémoire vivante de l’émancipation féminine, c’est une véritable bibliothèque qui vient ainsi de se consumer.
Au-delà de ses quelques faiblesses, elle était dénuée d’hypocrisie et de rancune. Elle a porté bien haut la voix de la femme de l’ex-Province Orientale, faisant de la mise en œuvre de la Loi sur la parité et de la Résolution 1325 du Conseil de Sécurité des Nations Unies son cheval de bataille jusqu’à son dernier souffle.
Défenseure du patrimoine et gardienne des valeurs

Femme intègre, Maman Isikisiki fut également l’une des rares fonctionnaires à protéger avec rigueur le patrimoine immobilier de l’État congolais à Kisangani. Sa résidence, impeccablement entretenue, lui a malheureusement valu la convoitise de personnes véreuses, allant jusqu’à l’ébranler psychologiquement et émotionnellement dans sa période de fragilité de santé. Un drame qui rappelle l’urgente nécessité de témoigner de la reconnaissance aux personnalités de leur vivant : Aimons-nous vivants !
L’appel des femmes de la Tshopo à l’État
Face aux loyaux services rendus à la Nation, la communauté féminine de la Tshopo émet un double vœu solennel à l’endroit des autorités :
- Que le Gouvernement de la République décore maman Élisabeth Isikisiki à titre posthume.
- Que la Province de la Tshopo reconnaisse officiellement ses mérites en érigeant à Kisangani « La Maison de la Femme », qui portera le nom de cette illustre icône.
« Merci, maman Elisabeth Isikisi Beagaba ! Merci pour votre accompagnement dans l’émergence des droits de la femme et de l’enfant à travers la RDC. Merci notre Coach ! Merci notre Mentor ! Merci pour tout ! Votre nom restera gravé dans les annales de la République et nous vous promettons de continuer ce combat de lutte contre les violences basées sur le genre en vue d’honorer votre mémoire. Que le Seigneur vous accueille dans sa félicité éternelle. Amen ! »

