En pleine crise institutionnelle entre l’Assemblée provinciale et l’exécutif, le Gouverneur de la province de la Tshopo, Paulin Lendongolia Lebabonga, a dévoilé une nouvelle équipe gouvernementale qui fait déjà couler beaucoup d’encre. Particularité majeure : aucun Député provincial ne figure dans cette composition.
Un choix inattendu qui rompt avec la pratique politique locale et soulève de nombreuses interrogations sur les motivations réelles du chef de l’exécutif provincial.
Parmi les absents figurent plusieurs personnalités connues pour leurs positions critiques vis-à-vis du Gouverneur, notamment le Ministre Ghislain Mogenia Baraka, qui avait déjà affiché son opposition sur certaines orientations politiques.
Mais la décision ne s’est pas limitée aux voix discordantes. Des collaborateurs considérés jusque-là comme proches du gouverneur, à l’instar de Senold Tandia Akomboyo, souvent présenté comme un lieutenant de premier rang, ou encore Thomas César Mesemo, Ministre des mines, réputé plus discret durant la crise, ont eux aussi été écartés. À cela s’ajoutent trois anciens membres du gouvernement qui avaient déjà démissionné.
Plus surprenant encore, plusieurs Députés provinciaux connus pour avoir soutenu activement le gouverneur dans son bras de fer avec l’Assemblée ne figurent pas non plus dans la nouvelle équipe.
C’est le cas notamment de Bernardin Mbilingo, Aimé Eyane, Jules Yuma, Letondo Koyale, Angel Mbo et Joseph Yule.
Leur mise à l’écart renforce l’idée d’un choix délibéré d’exclure totalement les élus provinciaux de l’exécutif.
Calcul politique ou rupture assumée ?
Cette recomposition intervient dans un contexte de fortes tensions institutionnelles. Selon une source proche de l’Assemblée provinciale, une réunion a eu lieu quelques heures avant la publication du gouvernement entre le Gouverneur et les Députés provinciaux. Aucun compromis n’en serait ressorti.
Pour certains observateurs, il pourrait s’agir d’une stratégie politique visant à maintenir ses alliés au sein de l’Assemblée afin d’y consolider sa majorité et peser davantage sur les décisions législatives, plutôt que de les intégrer à l’exécutif.
Pour d’autres, cette décision s’apparente à un règlement de comptes ou à une volonté de rupture avec une classe politique jugée peu fiable ou trop divisée.
La session de Mars prochaine permettra sûrement la population de savoir la réelle motivation du Gouverneur.

