« Le prix du sac de riz a quadruplé à Kisangani, passant de 250 000 FC à près d’un million de FC », ces mots ont résonné mardi au perchoir de l’Assemblée nationale. Une inflation jugée « galopante » que le député national Laddy Yangotikala dénonce comme le résultat direct des tracasseries systématiques imposées aux agriculteurs et aux transporteurs.

Alors que les ménages boyomais luttent quotidiennement pour se nourrir, le député national Laddy Yangotikala a porté cette détresse au cœur de l’Assemblée nationale. Dans son intervention, il souligne que la flambée des prix n’est pas seulement une fatalité économique, c’est le produit d’un système de harcèlement administratif et policier qui asphyxie l’économie locale.

L’élu de la Tshopo a illustré la vertigineuse ascension des prix avec des chiffres éloquents. Le sac de riz, qui se négociait il y a peu à environ 250 000 FC, s’échange aujourd’hui à Kisangani entre 900 000 et 1 000 000 FC. Une explosion tarifaire qui place désormais les produits de base hors de portée de la grande majorité de la population.

Selon Laddy Yangotikala, les routes de desserte agricole, notamment l’axe de la RN4 en direction de la province du Bas-Uélé, sont devenues des zones de non-droit où les producteurs sont dépouillés. Il pointe du doigt une pratique devenue monnaie courante.

« Quelqu’un qui revient du champ avec son pondou, son manioc ou son riz, on exige de lui je ne sais quel type de taxe. Même les conducteurs de vélos sont rackettés. », dit-il.

Selon toujours Yangotikala, ce ne sont pas les aléas climatiques ou une mauvaise récolte qui étranglent Kisangani, mais bel et bien l’action des différents services de l’État déployés sur ces tronçons routiers. Sous couvert d’autorités locales, ces agents mènent, selon l’élu, « la vie dure à la population congolaise » en multipliant des taxes illégales qui alourdissent le prix final de chaque denrée arrivant dans la capitale provinciale.

Face à cette situation, Laddy Yangotikala a interpellé ses collègues députés et les institutions nationales, incluant la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH), sur l’impérieuse nécessité de briser ce cycle de tracasseries.

« Pourquoi ne pas parler de la tracasserie ? », a-t-il lancé, dénonçant une gestion prédatrice qui transforme les efforts des agriculteurs du territoire de Banalia et d’ailleurs en une charge financière insupportable pour les citoyens de Kisangani.

À l’Assemblée nationale, le ton est donné : tant que les services de l’État continueront de faire de la route un lieu de prélèvement illicite plutôt qu’un vecteur de développement, le panier de la ménagère boyomaise restera vide. La balle est désormais dans le camp des autorités, sommées de mettre fin à ce blocage logistique et humain qui paralyse le poumon économique de la Tshopo.

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