À Kinshasa, la question de la sécurité alimentaire s’impose désormais comme un enjeu central du débat public. À l’issue de sa participation à l’atelier d’évaluation des missions du CAPSA déployées à travers la République démocratique du Congo ce mardi 07 Avril, Christian Kambi a livré une déclaration forte, à la fois politique, sociale et stratégique, appelant à un recentrage urgent des priorités nationales autour de l’agriculture.

Pour cet avocat au barreau de la Tshopo et acteur influent de la société civile, le constat est sans détour : la population congolaise fait face à une pression alimentaire croissante. Dans ses mots, simples mais lourds de sens, il résume la situation : « Le peuple congolais a faim ». Une phrase qui, au-delà du diagnostic, traduit une urgence structurelle qui exige des réponses coordonnées et durables.

Dans cette perspective, Me Christian Kambi met en avant les efforts du ministre de l’Agriculture, Muhindo Nzangi Butondo, qu’il considère comme porteur d’une dynamique nouvelle dans un secteur longtemps marqué par des approches fragmentées. Selon lui, les orientations actuelles du ministère, notamment le suivi des campagnes agricoles et les missions d’évaluation sur le terrain, constituent une avancée notable dans la structuration de la politique agricole nationale. Il estime que ces actions représentent aujourd’hui « la réponse la plus cohérente et la plus adaptée face à l’insécurité alimentaire ».

Un appel direct au président Félix Tshisekedi

Au-delà du constat institutionnel, Me Kambi insiste sur la nécessité d’un engagement politique encore plus fort au sommet de l’État. Il appelle directement le président Félix Tshisekedi à faire de l’agriculture un pilier stratégique de son action, considérant ce secteur comme la clé de la transformation économique et sociale du pays. Pour lui, aucune politique de développement ne peut produire d’impact réel sans une révolution agricole structurée et soutenue dans la durée.

L’agriculture est le levier stratégique sur lequel le Chef de l’État doit s’appuyer pour transformer durablement la RDC », plaide-t-il.

Cependant, il attire également l’attention sur un obstacle majeur qui continue de limiter les résultats sur le terrain : l’absence de routes de desserte agricole. Dans plusieurs zones de production, notamment rurales, les récoltes peinent à atteindre les marchés, ce qui réduit considérablement l’impact économique des efforts agricoles. Cette contrainte logistique, selon lui, doit être traitée avec la même priorité que la production elle-même, car elle conditionne la rentabilité et la survie des initiatives agricoles.

Tshopo : un potentiel agricole stratégique encore sous-exploité

Originaire de la Tshopo, Me Kambi met également en lumière le potentiel agricole exceptionnel de cette province, qu’il considère comme un futur pilier de la souveraineté alimentaire nationale. Il affirme que la production rizicole de cette région, si elle est correctement structurée et soutenue, pourrait contribuer significativement à nourrir l’ensemble du pays. Cette vision s’inscrit dans une logique de décentralisation productive, où chaque province devient un acteur clé de la sécurité alimentaire nationale.

En mettant en avant les actions de Muhindo Nzangi et en appelant à une implication renforcée du sommet de l’État, il propose une lecture claire : l’agriculture n’est plus un secteur secondaire, mais un pilier de souveraineté nationale.

La Tshopo possède la capacité de nourrir une grande partie de la République démocratique du Congo grâce à la production du riz », affirme-t-il.

En plaçant à la fois l’action gouvernementale, les défis structurels et les potentialités locales au cœur de son analyse, Me Christian Kambi s’impose progressivement comme l’une des voix montantes du débat agricole en RDC. Son message, à la fois critique et constructif, converge vers une même exigence : transformer l’agriculture en moteur réel de développement, de stabilité sociale et de souveraineté économique.

Dans une république aux terres abondantes mais encore sous-exploitées, cette prise de position résonne comme un appel à l’action. Un appel qui, désormais, interpelle directement les décideurs politiques, au premier rang desquels le ministre Muhindo Nzangi et le président Félix Tshisekedi.

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