La crise humanitaire dans le territoire de Kwamouth, province du Maï-Ndombe, avec un impact majeur sur le Kwilu franchit un nouveau seuil critique. Dans une correspondance adressée aux autorités nationales le 28 janvier 2026, parvenu à Kis24 ce samedi 31 janvier, l’ONG Actions pour la Justice, le Développement et les Droits Humains (AJDDH) tire la sonnette d’alarme sur le sort de 280 000 déplacés, livrés à eux-mêmes.
S’appuyant sur les chiffres de l’OCHA (décembre 2025) et les rapports de la société civile, l’ONG souligne que ces milliers de déplacés ont fui les exactions de la milice Mobondo pour se réfugier, pour une grande partie, à Bandundu-ville. Ils s’entassent aujourd’hui sur des sites de fortune, notamment au marché Malebo, sans accès aux services de base.
L’AJDDH dépeint un tableau sombre : absence d’eau potable, insécurité alimentaire et carence de soins médicaux. L’organisation rappelle que cette situation contrevient à l’article 47 de la Constitution qui garantit le droit à la santé.
« L’absence quasi totale de latrines expose les enfants et les femmes enceintes à des risques élevés d’épidémies et de malnutrition », alerte l’organisation.
L’ONG déplore ce qu’elle qualifie d’« insuffisance » de la réponse gouvernementale. Malgré les appels répétés des autorités provinciales du Kwilu, aucun plan national structuré n’est encore visible sur le terrain. L’AJDDH invoque l’article 52 de la Constitution pour exiger de l’État une protection immédiate de ces populations vulnérables.
Face à ce drame, l’ONG exhorte Kinshasa à :
- Déployer une mission interministérielle d’urgence sur l’axe Bandundu-Kwamouth, pour la distribution immédiatement des vivres et des kits sanitaires ;
- Coordonner l’aide avec les partenaires internationaux pour ériger cette crise au rang des priorités humanitaires nationales.

