A l’occasion de la Journée mondiale du VIH/SIDA célébrée ce lundi 1er décembre 2025, les autorités sanitaires, partenaires et acteurs communautaires de la Tshopo se sont réunis dans la salle de la cathédrale Notre-Dame du Très Saint Rosaire à Kisangani. Au cœur des échanges l’urgence d’une riposte équitable et la mobilisation générale pour atteindre l’objectif d’une RDC sans SIDA d’ici 2030.
La cérémonie, riche en interventions et en engagements, a été marquée par un message fort du docteur OLINDA, coordonnateur provincial du Programme National de Lutte contre le SIDA (PNLS). Dans son allocution, il a révélé que 14 579 personnes vivent actuellement sous traitement antirétroviral (ARV) dans la province, un chiffre qui témoigne des efforts fournis mais aussi des défis persistants.
Il a tiré la sonnette d’alarme sur les perturbations majeures dues au retrait progressif du financement international, une situation qui menace directement la continuité des services essentiels, notamment dans la Tshopo où les besoins restent énormes.

Le docteur OLINDA a ainsi lancé un vibrant appel aux femmes enceintes pour qu’elles se rendent au CPN dès le premier trimestre, afin de prévenir la transmission du VIH de la mère à l’enfant. Il a également exhorté les personnes vivant avec le VIH à poursuivre rigoureusement le suivi médical, garant de leur stabilité sanitaire.
Prenant la parole au nom de la directrice pays de l’ONU SIDA, son représentant Benjamin LEVITSHIBUZU, a salué la RDC pour son initiative présidentielle visant l’élimination du VIH chez l’enfant, un modèle cité comme inspirant au niveau continental.
« En temps de crise, le monde doit choisir la transformation plutôt que le repli », a-t-il déclaré, appelant à l’urgence, l’unité et un engagement indéfectible afin d’atteindre l’objectif mondial ,mettre fin au VIH en tant que menace de santé publique d’ici 2030.
Il a invité chaque acteur, chaque communauté et chaque autorité politique à renforcer la coopération internationale et à adopter des stratégies centrées sur les droits humains.
La représentante de l’UCOP Plus Nasi MANDOMBELE quant à elle, est revenue sur les difficiles réalités vécues en 2025 : manque de financement, impossibilité d’implanter des organisations dans l’intérieur de la province faute de moyens logistiques, ainsi que d’autres contraintes entravant leurs actions. Elle a néanmoins encouragé les structures partenaires à « parler un même langage pour une même vision », appelant à maintenir la lutte contre le VIH comme une priorité absolue.

Représentant le gouverneur ai, le ministre provincial de la Santé, Senold Tandia, a clôturé la série d’interventions en remerciant l’ONU SIDA et les partenaires pour leur accompagnement constant, malgré un contexte global difficile.
Alors que la RDC vise l’horizon 2030 pour éradiquer le SIDA comme menace de santé publique, la Tshopo réaffirme sa détermination mais souligne l’importance cruciale d’un soutien financier durable. Entre appels à la mobilisation communautaire, plaidoyer pour un leadership fort et nécessité d’une coopération internationale renforcée, Kisangani se positionne une fois de plus comme un front essentiel dans la riposte nationale contre le VIH.
La bataille continue, mais l’espoir reste intact : une RDC sans SIDA demeure possible si l’engagement collectif s’intensifie dès maintenant.

