L’ONG Tropenbos RDC a organisé ce lundi 22 Septembre 2025, dans la grande salle de l’Alliance française de Kisangani, une conférence consacrée au règlement européen « zéro déforestation ». Plus d’une centaine de participants ont pris part à cette conférence. L’exposé principal a été animé par le professeur Alphonse Maindo, directeur de Tropenbos RDC et enseignant des universités, qui a expliqué la portée et les implications de cette nouvelle régulation européenne.
Selon le professeur MAINDO, ce règlement vise à lutter contre le changement climatique en s’attaquant aux principaux moteurs de la déforestation. « C’est la toute première fois que les actions de l’homme sont identifiées comme la cause directe des perturbations climatiques », a-t-il souligné.
Contrairement à certaines perceptions, le règlement européen n’est pas :
- une interdiction des produits de la RDC sur le marché européen,
- une initiative de déstabilisation du pays,
- ni une tentative d’imposer les lois européennes à la RDC.
Il s’agit plutôt d’une action globale de l’Union européenne en faveur du climat. Cette régulation, d’application générale et impersonnelle, concerne tous les États et repose sur trois garanties :
- S’assurer que les produits concernés (soja, café, cacao, caoutchouc, huile de palme et bovins) ne contribuent pas à la déforestation.
- Vérifier qu’ils sont produits conformément à la législation nationale du pays d’origine.
- Garantir leur traçabilité à travers une déclaration de diligence raisonnée.
Par ailleurs, ce règlement ne prend pas en compte les espaces déforestés avant le 31 décembre 2020. L’application de ce texte européen débutera le 30 décembre 2025 pour les grandes entreprises et le 30 juin 2026 pour les petites entreprises. Pour que leurs produits soient acceptés sur le marché européen, les exportateurs devront prouver qu’ils :
- ne contribuent pas à la déforestation
- respectent la législation en vigueur dans leur pays,
- et sont couverts par une diligence résolue.
Face à ce défi, la République démocratique du Congo est appelée à prendre plusieurs mesures :
- instaurer un mécanisme national de certification,
- adapter son cadre législatif aux normes internationales,
- établir une grille de qualité des produits agricoles et forestiers,
- identifier les exploitants agricoles et forestiers,
- réaliser une cartographie des zones déforestées avant 2020 ainsi que des terres arables non forestières,
- et mettre en place un système national de traçabilité.
En conclusion, le professeur Maindo a insisté sur le fait que ce règlement représente à la fois un défi et une opportunité pour la RDC, dont les produits agricoles et forestiers ont un potentiel important à l’international, à condition d’anticiper et de se conformer aux nouvelles exigences.

