La bourgmestre de la commune de la Tshopo, Marianne Batamane, a ordonné l’arrêt immédiat des travaux liés à la spoliation présumée du cimetière Malikiah au PK5, sur la route Buta. Cette décision fait suite à des plaintes émanant des habitants, qui s’inquiètent de la destruction de sépultures et de l’intégrité du site.

Ce site funéraire, encore en activité, ferait l’objet d’occupations illégales et de ventes illicites de parcelles, au mépris des règles en vigueur et du respect dû aux morts. Face à cette situation, la bourgmestre de la commune de la Tshopo, Marianne Batamane, est montée au créneau, exprimant son amertume et prenant des mesures fermes.

Dans une réaction empreinte de regret et de désolation, l’autorité communale rappelle que la profanation des tombes heurte profondément les valeurs humaines et sociales.

 » Nous sommes tous des pèlerins sur cette terre. Nous sommes appelés à mourir un jour. Voir des vivants profaner les tombes de ceux qui ont vécu comme nous, simplement pour l’argent, est révoltant  » a-t-elle confié lors d’une interview accordée à Kis24.

Marianne Batamane insiste sur le cadre légal qui régit la désaffectation d’un cimetière. Selon la loi, explique-t-elle, un site funéraire ne peut être désinfecté ou réaffecté qu’après un délai d’au moins 50 ans à compter de la dernière inhumation, même si certaines tolérances peuvent parfois aller jusqu’à 30 ou 40 ans. Or, au cimetière de PK5, des tombes datant de 2013 à 2015 sont encore visibles, preuve évidente que le site demeure actif et ne peut en aucun cas faire l’objet d’un lotissement.

La bourgmestre révèle par ailleurs que la communauté Komo aurait saisi le ministre provincial de l’Intérieur pour solliciter le lotissement du cimetière Malikiah, situé au PK5, quartier des Eaux, dans la commune de la Tshopo. Une démarche qu’elle juge irrégulière.

« Le lotissement ne relève pas du ministère provincial de l’Intérieur. Cette prérogative appartient au gouverneur de province, après constat des services techniques spécialisés et sur base d’un arrêté « , a-t-elle martelé, dénonçant une confusion entretenue par ce qu’elle qualifie d’administration parallèle.

Selon elle, aucun arrêté du gouverneur n’a été pris pour autoriser un quelconque lotissement de ce cimetière. Pire encore, des services relevant d’autres juridictions, notamment du cadastre sud, seraient intervenus sur un espace pourtant situé dans la zone du cadastre nord, accentuant davantage l’irrégularité des opérations en cours.

Face à cette situation, Marianne Batamane a pris une décision ferme : l’arrêt immédiat de tous les travaux et de toute vente illicite de parcelles au cimetière Malikiya, et ce, jusqu’à nouvel ordre.

« Je ne peux pas me faire justice moi-même. J’ai saisi les instances judiciaires afin que toute la lumière soit faite sur cette affaire« , a-t-elle déclaré, soulignant que la gestion des cimetières relève de la mairie et qu’il est impératif de conserver ces espaces dans leur vocation initiale.

La bourgmestre appelle enfin au respect de la mémoire des personnes enterrées dans ces cimetières et à la responsabilité collective. Elle invite la population de la commune de la Tshopo, ainsi que les services concernés, notamment ceux du cadastre sud, à s’abstenir de toute action illégale sur ce site funéraire.

« La mémoire des disparus mérite le respect », a-t-elle rappelé, tout en réaffirmant sa détermination à défendre l’intégrité du cimetière de PK5.

Cette situation met en lumière des enjeux importants liés à la préservation des espaces funéraires dans la région. Les autorités provinciales devront agir avec diligence pour résoudre cette affaire.

Denis BAKUMANI

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