Dans la nuit du 24 au 25 mai 2026, l’aéroport international de Bangoka a été la cible d’une nouvelle attaque par missiles qui seraient largués par les éléments de l’AFC/M23, soutenus par le Rwanda. Cette escalade sécuritaire pousse l’ONG Actions pour la Justice, le Développement et les Droits Humains (AJDDH) à tirer la sonnette d’alarme.

Dans un communiqué de l’AJDDH, consulté jeudi soir par KIS24, L’aéroport international de Bangoka, infrastructure stratégique et civile, a été pris pour cible lors d’une attaque nocturne le week-end dernier. Ce nouvel incident s’inscrit dans une série d’agressions préoccupantes qui fragilisent la sécurité de la province de la Tshopo.

Ce n’est pas la première fois que l’aéroport de Bangoka subit les assauts de drones. Déjà, lors des nuits du 31 janvier au 1er février, puis le 1er mars 2026, des engins similaires avaient été neutralisés par les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC). Le 1er mars, l’attaque avait même provoqué une interruption momentanée du trafic aérien commercial.

Pour Jedidia Mabela, Directeur de l’AJDDH, la répétition de ces actes ne laisse aucun doute sur les intentions des assaillants : « Ces attaques illustrent une volonté persistante de terroriser les populations civiles et de provoquer des dégâts dans une posture belliqueuse ».

L’AJDDH rappelle avec force que l’aéroport est une zone civile, située loin des théâtres d’opérations militaires, ce qui qualifie ces actes de crimes de guerre selon le droit international.

Au-delà de la menace sécuritaire, c’est le quotidien des riverains qui est bouleversé. Entre les alertes nocturnes, les explosions et les restrictions sécuritaires, la population vit dans une peur constante. Les enfants, les femmes et les personnes âgées, particulièrement vulnérables, souffrent de traumatismes psychologiques profonds.

L’impact économique est tout aussi sévère. La paralysie des activités quotidiennes, les perturbations des vols commerciaux et le ralentissement du commerce frappent de plein fouet les ménages de la zone, dont la survie dépend souvent de l’économie informelle liée à l’activité aéroportuaire.

L’appel urgent de l’AJDDH

Face à ce climat d’impunité, l’AJDDH interpelle les décideurs nationaux et internationaux. L’ONG demande notamment :
Au Gouvernement congolais : Le renforcement des dispositifs de protection des infrastructures stratégiques et la saisine formelle pour la création d’un Tribunal Pénal International sur le Congo.

À la CIRGL et à l’Union Africaine : La fin des déclarations de principe et le passage à des mesures dissuasives concrètes contre les auteurs présumés, dont le mouvement AFC/M23 et ses soutiens extérieurs.

En rappelant le souvenir douloureux de la « Guerre des six jours » de 2000, l’AJDDH insiste que la paix ne peut rester un simple discours. Elle exige une justice effective et un respect scrupuleux de la souveraineté de la République Démocratique du Congo.

Journaliste Multimédia & Reporter

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