Dans le cadre de sa tournée administrative à travers les communes de Kisangani, le maire de la ville, Delly Likunde, s’est rendu ce mardi 17 février à la commune Tshopo. Cette visite officielle vise à renforcer la proximité entre l’autorité urbaine, l’administration locale et la population autour des défis majeurs de cette entité stratégique.

Seule commune de la ville dirigée par une femme, la commune de la Tshopo est l’une des plus vastes et des plus denses de Kisangani. Accueillant le maire, la bourgmestre de la commune Tshopo, Marianne Batamane a qualifié cette visite de « réconfortante et mobilisatrice », y voyant une opportunité pour l’autorité urbaine de palper les réalités du terrain.

Lors de son allocution, Marianne Batamane a dressé un bilan exhaustif de la situation de sa juridiction. Sur le plan administratif, la commune compte 12 quartiers et dispose de services étatiques opérationnels, dont un parquet près le Tribunal de paix de Kisangani.

Toutefois, le tableau présente des zones d’ombre. Sur le plan sanitaire, la bourgmestre a signalé la résurgence de cas de choléra dans l’aire de santé d’Abilinga, ainsi que des épisodes de rougeole. Côté infrastructures, si des chantiers sont en cours (bureaux de quartiers, aménagement du boulevard de l’Espagne, curage de caniveaux), l’assainissement reste un défi critique. Marianne Batamane a notamment alerté sur l’occupation anarchique de l’espace public au marché du quartier Zoo, Pk5 sur la route Buta.

Sécurité : « Personne ne viendra sécuriser la ville à notre place »

Répondant à cet état des lieux, le maire Delly Likunde a mis l’accent sur la sécurité collective, relayant les instructions du gouverneur de province. « Personne ne viendra sécuriser la ville à notre place. Nous sommes tous appelés à protéger Kisangani », a martelé le premier citoyen de la ville.

Il a ordonné le recensement immédiat des concessions abandonnées et non occupées et a appelé au renforcement des mécanismes de vigilance communautaire tels que « Yeba voisin » (connais ton voisin) et « Filimbi » (sifflet).

Sur le volet environnemental, Delly Likunde a prôné la fermeté. Il a annoncé une « tolérance zéro » contre la pollution des artères principales, notamment la 0ᵉ avenue, et a rappelé le caractère obligatoire des travaux communautaires (Salongo).
Le maire a également exhorté les administrés au civisme fiscal, condition sine qua non selon lui pour le développement local, invitant les habitants à s’acquitter de leurs taxes et de leurs factures d’eau et d’électricité (REGIDESO et SNEL).

Concluant son intervention par une métaphore « Que le bateau respecte l’eau et que l’eau respecte le bateau » Delly Likunde a promis de multiplier les descentes de contrôle. Pour l’autorité urbaine, l’objectif est clair : sortir des bureaux pour s’assurer que les instructions sont réellement appliquées au niveau des quartiers.

Cette étape à la commune Tshopo marque une volonté de l’exécutif urbain de reprendre la main sur les enjeux de salubrité et de sécurité. L’opinion attend désormais de voir si ces annonces se traduiront par un changement tangible du quotidien des Boyomais.

Denis BAKUMANI

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