À Kisangani, les comparaisons se murmurent d’abord sur m les taxis-motos, les restaurants communément appelés «malewa» avant de s’imposer dans les marchés, les parcelles et jusque dans les cercles politiques. Dans cette ville au passé administratif réputé rigoureux, le nom d’Augustin Osumaka revient désormais avec une insistance presque nostalgique.

Le weekend dernier à l’entrée du gouvernorat de province, les militants de la Lucha ont , impuissament effectués le «Salongo», sur des eaux stagnantes , ordures qui débordent sur la chaussée. Les passants slaloment entre les déchets pendant que des vendeuses tentent de sauver quelques marchandises de la poussière et des eaux stagnantes au marché urbain de Kisangani. Ici, comme dans plusieurs quartiers de la ville, la dégradation du cadre de vie alimente une colère diffuse.

La ville est devenue trop sale alors que cela pouvait être la moindre des choses à éviter. À quoi sert l’argent des tickets récolté chaque jour ? », s’indigne Philémon Racine, commerçant rencontré non loin du marché central.

Le constat dépasse l’insalubrité. Dans plusieurs communes, les habitants dénoncent aussi la montée des troubles nocturnes, l’absence d’éclairage public et une administration locale jugée silencieuse face aux problèmes quotidiens. Beaucoup disent ne plus sentir la présence de l’État dans les quartiers.

Les déclarations récentes du député national Fontaine Mangala ont alors trouvé un écho particulier dans l’opinion. L’élu de Kisangani a publiquement regretté l’époque où Augustin Osumaka dirigeait l’hôtel de ville, estimant qu’il savait « assurer la présence de l’État et gouverner la ville ».

Le Maire Augustin OSUMAKA reste le meilleur de tous les maires qui se succèdent après lui. Il savait assurer la présence de l’État et gouverner la ville. Aujourd’hui nous avons honte d’approcher le VPM de l’intérieur pour certains problèmes qui devraient trouver les solutions au niveau local.Trop de troubles dans plusieurs quartiers,la quiétude de la population est perturbée à tout moment, faudrait-il vraiment qu’on parte poser les problèmes des quartiers à chaque fois au Ministre national de l’intérieur ? L’autorité est de l’État vacille au niveau local» regrette ce député national élu de Kisangani

Le pouvoir protège les incompétents… Notre maire devrait déjà quitter, mais hélas. Il est du parti au pouvoir

Louis Mastaki Shadari

Dans les rues de Kisangani, ces prises de position révèlent surtout une fracture grandissante entre les attentes populaires et la gouvernance locale. Les habitants réclament moins de discours et davantage d’autorité visible : routes entretenues, assainissement régulier, sécurité de proximité, réaction rapide des autorités urbaines.

Autour de lui, plusieurs habitants acquiescent. Les critiques prennent parfois une tournure plus politique encore. Pour Asani Salumu, la responsabilité remonte jusqu’au sommet du ministère de l’Intérieur :

C’est Joachim Shabani le vrai problème de cette ville de Kisangani et de la Tshopo en général. » à écrit sur Facebook

Au fil des conversations scriptées par KIS24 , une idée revient avec persistance : autrefois, disent certains habitants, les problèmes des quartiers trouvaient des solutions à la mairie avant d’atteindre Kinshasa. Aujourd’hui, beaucoup ont le sentiment que l’administration locale peine à exercer pleinement son autorité.

Et dans cette ville marquée par une forte mémoire politique, la nostalgie d’un ancien maire devient progressivement le miroir du désenchantement actuel.

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