Lors d’un point de presse tenu ce vendredi à 09 octobre, l’Action pour la Justice, le Développement et les Droits Humains (AJDDH) a dénoncé la condamnation de son Directeur exécutif, Jedidia Mabela, qu’elle qualifie d’arbitraire et politiquement motivée. Dans les bureaux de l’AJDDH, situés sur le boulevard du 30 Juin à Makiso, le ton était grave face à la presse locale, le directeur exécutif aï de l’AJDDH a pris la la parole pour dénoncer ce qu’il appel
« une dérive judiciaire inquiétante ».
Jedidia Mabela, Directeur exécutif de l’AJDDH et membre du mouvement citoyen LUCHA, a été condamné à six mois de prison et à une amende de 1 500 000 francs congolais par le Tribunal de paix de Makiso-Kisangani. Son tort, selon l’organisation est avoir commenté, sur les réseaux et dans les médias, des informations publiées par plusieurs organes de presse sur la gestion de la province de la Tshopo, et avoir participé à une manifestation pacifique réclamant un contrôle parlementaire rigoureux.
Mais pour l’AJDDH, ce procès n’a rien d’équitable.
« L’instruction a été bâclée, aucune confrontation n’a eu lieu entre les parties, et le mandat d’amener a été délivré sans convocation préalable », a fustigé Jacques Issongo Mfutu, directeur exécutif a.i. de l’organisation.
Selon lui, la procédure de flagrance a été appliquée abusivement, sans aucune justification légale. Pire encore, la publicité des débats aurait été écartée, privant le procès de toute transparence.
« Nous assistons à une instrumentalisation de la justice à des fins de répression politique », a martelé M. Issongo, soulignant que cette condamnation viole les articles 19 et 20 de la Constitution congolaise, ainsi que le Pacte international relatif aux droits civils et politique
Au-delà du tribunal, la tension s’est également déplacée dans la rue.Ce mercredi 8 octobre, des militants de la LUCHA et d’autres mouvements citoyens ont organisé une marche pacifique à Kisangani pour réclamer la libération de Jedidia Mabela.
Cette manifestation, selon plusieurs témoins, a été violemment dispersée. Des militants ont été blessés, d’autres interpellés avant d’être relâchés tard dans la nuit.
L’AJDDH affirme que le gouverneur de province aurait sollicité l’appui de groupes de sportifs pour intimider et agresser les manifestants.
« C’est une dérive dangereuse qui remet en cause le droit fondamental de manifester pacifiquement », a dénoncé l’organisation, appelant à l’ouverture d’une enquête indépendante pour identifier les responsables de ces violences.
Devant les chevaliers de la plume, l’AJDDH a annoncé avoir interjeté appel contre le jugement rendu par le Tribunal de paix de Makiso. L’organisation demande un réexamen du dossier dans le strict respect des droits de la défense et des principes d’un procès équitable . Elle appelle en outre les autorités judiciaires à garantir l’indépendance des juges et la sécurité des défenseurs des droits humains à Kisangani, estimant que cette affaire illustre un climat croissant de répression envers la société civile.
Alors que l’affaire Jedidia Mabela continue de susciter indignation et inquiétude, l’AJDDH promet de maintenir la pression et de poursuivre son plaidoyer pour la justice et la dignité humaine. Dans une ville où la parole critique semble de plus en plus risquée, cette affaire rappelle que la défense des droits humains reste un combat quotidien parfois au prix de la liberté de ceux qui la portent.

