Sous un ciel pas claire ce Lundi 08 juin, Kisangani affiche un visage contrasté. Dans plusieurs quartiers de la ville, Constante KIS24, les déchets s’accumulent le long des artères, les caniveaux peinent à évacuer les eaux usées et certains espaces publics se transforment progressivement en dépotoirs à ciel ouvert. Cette insalubrité persistante, visible au quotidien, ravive les interrogations des habitants sur l’efficacité des mécanismes d’assainissement mis en place, alors même qu’une taxe spécifique est perçue par la Mairie de Kisangani auprès des commerçants pour financer la propreté urbaine.
À Kisangani, l’assainissement demeure l’un des défis les plus visibles de la gouvernance urbaine. Alors que les opérateurs économiques contribuent au paiement d’une taxe destinée à soutenir les opérations de salubrité publique, l’état général de plusieurs espaces de la ville continue d’alimenter les interrogations.
Instaurée par l’ancien maire de ville Augustin Osumaka pour financer notamment l’enlèvement des immondices et la gestion des déchets ménagers, la taxe d’assainissement devait accompagner l’amélioration du cadre de vie urbain. Dans la pratique, les attentes restent importantes au regard des difficultés encore observées sur le terrain.
Dans plusieurs quartiers de Kisangani, des amas de déchets, des caniveaux encombrés et des points de dépôt non contrôlés continuent d’être signalés par des habitants. Une réalité qui nourrit le débat sur l’efficacité des mécanismes mis en place pour assurer la salubrité publique.
Entre recettes annoncées et attentes des citoyens
En 2023, la mairie de Kisangani avait présenté l’opérationnalisation de cette taxe comme un levier pour améliorer durablement l’environnement urbain. Parmi les objectifs annoncés figuraient notamment le renforcement des équipes d’assainissement, l’organisation de la collecte des déchets ainsi que le développement d’infrastructures destinées à leur traitement. Mais plusieurs habitants et opérateurs économiques estiment que les changements attendus restent encore insuffisamment perceptibles dans leur quotidien.
Nous payons régulièrement, mais nous voulons voir une ville plus propre », confie un commerçant rencontré au centre-ville.
À la tête de l’administration urbaine, le maire Delly Likunde est aujourd’hui attendu sur les résultats. Entre les ambitions affichées en matière d’assainissement et les contraintes liées aux moyens opérationnels, l’autorité urbaine fait face à une exigence croissante de redevabilité.
C’est dans ce contexte que le député provincial Paul Lokesa s’interroge sur l’efficacité de cette taxe dont les retombées demeurent difficilement perceptibles pour une partie de la population. Dans plusieurs quartiers de la ville, les tas d’immondices, les caniveaux obstrués et les dépotoirs sauvages continuent de marquer le paysage urbain
Pour l’élu, les contribuables sont en droit de connaître la destination des fonds collectés et les actions concrètes réalisées grâce à ces recettes. La question centrale reste celle de la traçabilité des ressources mobilisées et de leur impact réel sur l’assainissement de la ville.
Lorsqu’une taxe est instaurée pour répondre à un besoin précis, les citoyens doivent pouvoir constater les résultats de leur contribution », soutient l’élu.
Au-delà des recettes perçues pour l’assainissement, la gestion des fonds de la mairie de Kisangani suscite de nombreuses interrogations au regard de l’insalubrité persistante dans la ville.
Le fonctionnement de la brigade d’assainissement, souvent jugé insuffisant, ainsi que l’état du matériel et des engins autrefois acquis, alimentent des doutes sur l’efficacité de la gestion opérationnelle.
Dans ce contexte, des appels se multiplient pour un contrôle rigoureux et un audit de la gestion des ressources et équipements publics. Les députés provinciaux sont ainsi invités à exercer pleinement leur mission de contrôle afin de faire la lumière sur l’utilisation des fonds et renforcer la redevabilité des autorités locales.

