La situation sécuritaire et le climat d’impunité à Kisangani prennent une tournure inquiétante. Me Fred Mukuna Kadiebwe, avocat au Barreau de la Tshopo, alerte l’opinion publique sur une menace de mort dont il est victime par Olivier Lokolomba Abrahamson son ancien client, suite à une décision judiciaire en sa faveur.

Interviewé par KIS24 ce dimanche 22 juin 2025, Fred Mukuna révèle que le geste de son client illustre la montée des tensions et le déclin du respect pour l’autorité judiciaire en République démocratique du congo.

Le différend remonte à plusieurs mois. Olivier Lokolomba Abrahamson, de nationalité australienne d’origine congolaise mais résident à Kisangani, a contracté avec Me Mukuna un accord pour des prestations juridiques. Le montant en litige des honoraires s’élève à 18.545 dollars américains, correspondant aux honoraires dus pour une assistance juridique fournie par l’avocat et validé par monsieur Olivier Lokolomba Abrahamson .

Les contacts entre les deux ont été coupé depuis le client a refusé d’honorer ses engagements financiers, malgré plusieurs relances.

Tout ce que je souhaite de mon client c’est le paiement de mes honoraires… » lâche Me Fred Mukuna.

Le point de rupture

Le 12 juin 2025, la Cour d’appel de la Tshopo, par l’ordonnance n°132/2025, a statué en faveur de Me Mukuna. La justice a reconnu la créance de l’avocat et a rendu exécutoire l’état d’honoraires, contraignant M. Lokolomba à s’acquitter de sa dette. En réponse à ce jugement, l’ancien client a opposé une résistance, notamment en portant opposition sur plusieurs immeubles lui appartenant, dans l’espoir de faire obstacle à l’exécution de la décision. Cependant, le contentieux a rapidement dégénéré en menace physique, mettant en danger la vie de son avocat et sa famille.

Le 18 juin 2025, dans un message WhatsApp, M. Lokolomba a écrit à Me Mukuna :

« Je te donne 24 heures. Après, j’agis. Ta famille me cherchera pour plaider que je te pardonne. Je te le dis bien avant, et le jour-j, souviens-toi que je t’avais prévenu. » Ce message, accompagné d’une capture d’écran, a été déposé dans une plainte formelle auprès du Procureur Général près la Cour d’appel de la Tshopo.

De près, la teneur de ce message constitue une menace claire et directe contre la vie de l’avocat, qui dénonce une tentative d’intimidation visant à faire céder sa position dans une procédure judiciaire déjà engagée.

Face à cette menace, Me Mukuna dénonce ces propos comme une menace de mort. Il insiste sur le fait que ces menaces s’inscrivent dans un contexte sécuritaire déjà fragile à Kisangani, marqué par une insécurité chronique, une faiblesse des institutions et une culture d’impunité.

J’alerte l’opinion locale et nationale, l’ambassade d’Australie, le aux autorités judiciaires et sécuritaires pour assurer ma protection immédiate. Ma vie est désormais en danger et que cette menace pourrait avoir des conséquences dramatiques si aucune mesure n’est prise. » alerte Me Fred sur kis24

Ce nouvel incident s’ajoute aux nombreuses plaintes de la population de Kisangani sur la dégradation constante de la situation sécuritaire à Kisangani.

La criminalité, la violence et le manque de confiance dans les institutions judiciaires favorisent l’émergence de comportements menaçants et intimidants contre les professionnels du droit, journalistes et medecin. La protection des avocats, garants du respect de l’État de droit, devient une préoccupation majeure.

La RDC, confrontée à des défis majeurs en matière de gouvernance et de sécurité, voit aujourd’hui ses principes fondamentaux mis à rude épreuve, notamment celui du respect de la décision de justice et de la sécurité des acteurs judiciaires.

Cet incident soulève des questions cruciales sur l’état de droit en RDC. La capacité des autorités à garantir la sécurité des défenseurs des droits, à lutter contre l’impunité et à faire respecter la justice est désormais mise en cause.

« la protection de Me Mukuna ne doit pas rester une simple déclaration, mais un engagement ferme des institutions pour prévenir toute escalade de violence. La justice doit être respectée, et ceux qui tentent de la faire chuter par la violence doivent répondre de leurs actes. » réagit un avocat du Barreau de Kisangani sous-couvert d’anonymat avant de conclure :

« Cette menace de mort proférée contre un avocat dans le contexte sécuritaire actuelle nécessite une réaction forte, coordonnée et immédiate pour préserver l’intégrité des acteurs judiciaires, renforcer la sécurité et réaffirmer la primauté de la loi. La RDC doit faire preuve de détermination pour lutter contre l’impunité et garantir la sécurité de ceux qui œuvrent pour la justice »

Olivier Lokolomba Abrahamson est Directeur Exécutif de Averi finance , une société d’investissement, de financement et de conseil pour les marchés émergents, qui se concentre sur l’Afrique.

Leave A Reply