Le Bureau diocésain de la pastorale écologique (BDPE) de l’archidiocèse de Kisangani a organisé, dans la grande salle de l’Université catholique de Kisangani (UCKIS), une séance de restitution consacrée à la participation de Mgr Léonard Ndjadi Ndjate, évêque auxiliaire de Kisangani, à la 30ᵉ Conférence des Nations unies sur le climat (COP30). L’événement s’est tenu à Belém, au Brésil, du 10 au 21 novembre 2025.
Devant les étudiants, universitaires, acteurs ecclésiaux et représentants de la société civile, Mgr Léonard a présenté les principaux enseignements tirés de cette rencontre mondiale déterminante pour l’avenir climatique de la planète.
Dans la première partie de son exposé, l’évêque auxiliaire a dressé un panorama des effets du changement climatique, soulignant l’ampleur des dégâts déjà visibles.
Il a notamment évoqué :
- la multiplication des phénomènes extrêmes sécheresses, inondations, tempêtes qui perturbent les cycles agricoles ;
- la perte accélérée de biodiversité dans les zones tropicales ;
- l’avancée de la déforestation, qui réduit la capacité de la planète à absorber le carbone ;
- les conséquences sociales, parmi lesquelles l’augmentation des déplacements de populations et la fragilisation des économies rurales.
Selon lui, « les plus pauvres paient le prix le plus élevé d’une crise qu’ils n’ont pas créée », appelant à une prise de conscience globale.

Revenant sur les avancées de la COP30 pour son deuxième partie de l’exposé, Mgr Léonard a présenté plusieurs décisions jugées importantes.
- Financement climatique
Les États-Unis ont annoncé un financement de 2,5 millions de dollars au cours des prochaines années destiné aux pays en développement pour renforcer la lutte contre la déforestation. Une annonce accueillie comme un signal positif, même si les besoins mondiaux restent considérables.
- Énergies renouvelables
Les États participants ont réaffirmé leur volonté d’accélérer la transition énergétique. La COP30 encourage des investissements massifs dans le solaire, l’hydroélectricité, l’éolien et la biomasse, ainsi qu’un transfert de technologies propres vers les pays moins industrialisés.
- Lutte contre la déforestation
Les gouvernements ont convenu de renforcer les contrôles contre l’exploitation illégale du bois et d’appuyer financièrement des programmes durables de gestion forestière. Les forêts tropicales, dont celles du bassin du Congo, sont restées au cœur des discussions.
- Marché du carbone
La conférence a clarifié les mécanismes d’échange de crédits carbone, avec des règles plus strictes visant à garantir la transparence et éviter les fraudes. Les communautés locales sont désormais encouragées à participer à la gestion et au suivi des projets carbone.
- Justice climatique
Les États ont admis l’urgence de soutenir les populations les plus vulnérables, notamment les peuples autochtones et les communautés forestières. Le principe d’équité dans la répartition des efforts est désormais davantage mis en avant dans les politiques climatiques.
Dans la troisième partie de son intervention, Mgr Léonard a rappelé la contribution de l’Église catholique à la protection de l’environnement. Il a cité saint Jean-Paul II, affirmant que « la nature est un don de Dieu et l’humanité doit coopérer avec Lui pour la préserver ». Il a souligné la nécessité d’impliquer les communautés locales dans les décisions qui concernent leurs territoires, insistant sur l’importance du dialogue, de l’éducation écologique et d’un engagement pastoral constant.
Pour sa conclusion, l’évêque auxiliaire a insisté sur le rôle stratégique du bassin du Congo et de l’Amazonie dans la régulation du climat mondial. Ces deux espaces, parmi les plus grands réservoirs de biodiversité au monde, jouent un rôle crucial dans l’absorption du carbone et la stabilité des écosystèmes planétaires.
Il a lancé un appel fort à la communauté nationale et internationale pour stopper la déforestation, préserver les ressources naturelles et appuyer les initiatives locales de conservation. Selon lui, « protéger ces forêts, c’est protéger la vie ».

