Ce dimanche 5 janvier 2026, la salle de réunions de l’AJDDH à Kisangani a servi de cadre à une conférence de sensibilisation cruciale. Portée par l’association DREPAMIFA, cette activité placée sous le thème « la drépanocytose face à l’inclusion sociale » a réuni experts, patients et citoyens pour une lutte commune contre la stigmatisation.


Maladie génétique la plus répandue au monde, la drépanocytose reste pourtant prisonnière de nombreux préjugés en République Démocratique du Congo. C’est pour déconstruire ces idées reçues que l’association DREPAMIFA s’est mobilisée en ce début d’année. L’objectif de transformer le regard de la société sur les drépanocytaires. Lors de son allocution d’ouverture, Madame Ruth Mbokani, coordonnatrice de l’association, a rappelé que l’acceptation sociale est le premier remède contre la souffrance des malades. Elle a également tenu à rendre un hommage vibrant à Joël Mbiya, figure de proue de cette lutte, tragiquement disparu en plein combat.
Face aux croyances populaires qui associent souvent la maladie à la sorcellerie ou au mauvais sort, le Dr Patricia Ngungbo a apporté un éclairage médical rigoureux.

La drépanocytose est une maladie génétique héréditaire. Elle n’est ni contagieuse, ni liée à des pratiques occultes », a-t-elle martelé.
L’experte a insisté sur deux leviers majeurs de prévention et de prise en charge :
- L’examen prénuptial : Connaître son électrophorèse d’hémoglobine avant le mariage reste le meilleur moyen de prévenir la maladie chez les futures générations.
- L’accompagnement scolaire : Une protection bienveillante des enfants en milieu éducatif est indispensable pour leur épanouissement.
« Faire de sa maladie une force »

Le Dr Loyale Batina, également intervenante, a axé son message sur le plaidoyer et le renforcement de l’estime de soi. Pour elle, la maladie ne doit en aucun cas constituer un frein à la réussite sociale ou professionnelle. Elle a exhorté les personnes vivant avec la drépanocytose à s’armer de courage, à connaître parfaitement leur statut et leur groupe sanguin, et à rejeter toute forme d’auto-exclusion.
À l’issue de cette journée, DREPAMIFA a lancé un vibrant appel à la population de Kisangani et de toute la province de la Tshopo. Le message est sans équivoque : la stigmatisation doit cesser. L’information et la solidarité sont les clés d’une société plus humaine. En sensibilisant le plus grand nombre, l’association espère que la drépanocytose ne sera plus vue comme une fatalité, mais comme un défi de santé publique que l’on peut relever ensemble. Il sied de noter que cette activité a connu la présence remarquée de M. Deba Lolia Baelongandi, assistant social de la ville de Kisangani, qui, dans ses prérogatives, œuvre pour le bien-être des enfants, fils et filles en situation difficile sur plusieurs plans.

