Dans une interview exclusive accordée à Kis24 ce jeudi 30 juillet 2026, Franck Linaito, vice-président de la Société civile forces vives de la Tshopo, a exprimé son inquiétude et celle de la population boyomaise, en pointant du doigt la léthargie persistante autour du projet de construction de l’immeuble de l’ACOPRIM et les travaux routiers interminables sur l’avenue Général Moulamba.
Plusieurs mois après la descente remarquée du ministre de l’Habitat — envoyé spécial du Chef de l’État pour poser la première pierre de cet édifice moderne tant attendu — le constat sur le terrain est amer. Pour la Société civile, le dossier fait face à l’incompréhension.
« Depuis le début de l’année, le ministre de l’Habitat était venu lui-même […] pour poser la toute première pierre. […] Et ce dernier nous avait tiré les oreilles de pouvoir être trop vigilants pour suivre de très près comment sera l’évolution de cet édifice. Mais fort est de constater que depuis que l’autorité est venue poser la pierre, aucun signe, pas même un moellon, pas même un seul saut de gravier ne prouve qu’il y aura un début de chantier », a déploré Franck Linaito.
En l’absence de ces travaux, des familles redoutent la réoccupation anarchique du site, ce qui compliquerait davantage une éventuelle relocalisation future. Face à ce flou, la société civile interpelle directement le gouvernement central. Le financement a-t-il été réellement décaissé et versé à l’entreprise adjudicataire ? Les fonds alloués à ce projet ont-ils été réorientés vers d’autres activités ? Où en est exactement l’exécution de cet engagement présidentiel ?, s’est-il interrogé.
Abordant l’aspect des infrastructures routières, le vice-président de la Société civile a jeté un regard critique sur la gestion interminable de la voirie de l’avenue Général Moulamba, caractérisée par une lenteur exaspérante.
« Aujourd’hui, c’est le troisième gouverneur pour un petit chantier de moins d’un kilomètre. Makaluku l’avait lancé, il est parti. Paulin a continué. Et ce même gouverneur Paulin, réélu aujourd’hui, voit les chantiers avancer à pas de tortue », a-t-il fustigé.
Les usagers et riverains des blocs SGA, Waghenia et des abords de la prison centrale subissent au quotidien le calvaire de cette artère impraticable. L’accès au centre-ville est devenu un parcours du combattant, obligeant les automobilistes à se rabattre sur des voies secondaires exigües, à l’instar de celle menant vers l’état-major. Le rond-point SGA est ainsi qualifié de « zone à haut risque » permanent pour les motards et les piétons, faute d’aménagements adéquats et de régulation rigoureuse.
Face à ces urgences infrastructurelles, Franck Linaito appelle le maire de la ville et le gouverneur de province à rompre avec la politique du fait accompli et à anticiper les drames potentiels.
« Les autorités qui nous suivent à ce temps-ci devraient prendre leurs responsabilités. Puisque diriger ou gérer, c’est prévenir aussi. […] Ce que nous déplorons toujours, c’est que nos autorités attendent qu’il y ait des morts pour intervenir. »
La Société civile de la Tshopo exige ainsi des actions concrètes et des calendriers clairs, tant de Kinshasa pour l’immeuble de l’ACOPRIM que des autorités locales pour la réhabilitation effective de l’avenue Général Moulamba et la sécurisation du rond-point SGA.

