Kisangani: La marche de solidarité aux meurtris de Beni et Djugu réprimée, Une « insulte » à la nation !

Vêtus en noire et d’un banderole rouge sur la tête, porteurs chacun d’un calicot, les mouvements citoyens FILIMBI, MISS/RDC, PARLEMENT DEBOUT et PONA EKOLO, en consortium avec les associations estudiantines des ressortissants des régions cibles d’atrocités dont AEROE et MEYKIS, ont vu leur marche être étranglée par la police. Tout s’est passé l’avant-midi de ce vendredi 16 Avril à la place des Martyrs, le point de départ.

Engagés à compatir avec la population meurtrie de Beni et Ituri, ces militants, brutalisés par la police avant l’arrivée du commandant ville, ne pouvaient que se soumettre à la cadence de la police. Leur calicot et autres supports de messages ont été ravis par les éléments de l’ordre.

Cette réaction de la police n’a pas été appréciéd par ces indignés de l’insécurité atroce dans la région de l’Est. L’un d’eux a dénoncé un acharnement contre l’éveil de conscience.

 » Nous rejetons cette défense de la part de la police qui ne tient pas debout car au même moment que nous étions entrain de vouloir manifesté, le gouverneur était en plein caravane avec une centaine des motards et certains de ses alliés sans respect de la distaciation sociale même et en violation des mesures du chef de l’État parfois violées aussi par ce dernier. » a-t-il vociféré.

Après leurs échanges avec la police, kis24 s’est approché d’eux pour en savoir sur le message adressé au Président de la République dont voici la quintessence.

Visiblement l’on pouvait le constater car munis des images des victimes de l’insécurité au Nord-Kivu, leur marche était organisée en guise de soutenir le départ effectif et définitif de la Monusco en RDC.

Dans leur message adressé au Président Félix-Antoine Tshisekedi, ils notent l’échec de la mission Onusienne en RDC. Selon eux, cette mission est devenue de tourisme et n’a toujours pas atteint son objectif, Celui de maintenir la paix.

 »Le peuple congolais est fatigué de voir la Monusco se comporter en touriste sur un sol où le sang et les larmes coulent chaque jour qui passe. C’est pourquoi il est nécessaire d’écouter les cris de détresses de victimes vivantes qui ne jurent que sur le départ de la Monusco de cette région car celle-ci ayant prouvée ses limites. »se sont-ils exprimés, par un mémorandum non déposé à la cible.

Ils justifient les limites de la Monusco par la recrudescence de l’insécurité malgré leur présence et ajoutent que le départ de cette mission est un soulagement.

 »Après plus de 20 ans de tragédies, caractérisées par de kidnapping, enlèvement, vol, viol, l’abattage des humains par les autres malgré la forte présence militaire et celle de la Monusco, le peuple estime que cet échec criant est aussi fruit de l’incapacité et de l’inefficacité de la mission Onusienne en RDC dont le départ constitue un ouf de soulagement pour la population longtemps meurtrie. »

Depuis le début des manifestations contre la Monusco dans la région de Beni, aucun message n’est venu de la présidence. Si ce silence est écoeurant pour plusieurs, ces manifestants ne passent pas outre.

Ils rappellent, dans leur mémo, au chef de l’État le slogan « le peuple d’abord », devise de sa vision.
Pendant ce temps, ils lui demandent de réagir en leur facilitant le départ « immédiat de la Monusco »

Par ailleurs, pour eux  » le refus d’écouter ce peuple serait considéré comme une insulte à toute la nation au vu de manifestants de demande du départ immédiat de la Monusco par le souverain primaire. » se plaignent ils.

Cette manifestation assiégée à la place des Martyrs s’est soldée par des gaz lacrymogènes pour disperser les taximen qui se sont joints aux manifestants en s’appropriant à la cause. Elle a également coïncidé avec un arrêt des activités commerciales observé par les commerçants ressortissants du Nord-Kivu. Cette grève a duré 2 jours, du jeudi 15 au vendredi 16 Avril 2020.

GRATIUS WANDJA

Journaliste

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