L’Organisation mondiale de la Santé (OMS), en collaboration avec la Division Provinciale de la Santé de la Tshopo, a organisé du 25 au 27 novembre à Kisangani un atelier de renforcement des capacités destiné aux journalistes et influenceurs locaux. L’objectif principal était d’améliorer la qualité de l’information sanitaire et d’outiller les professionnels des médias face à la montée des rumeurs dans la province.


Cette formation intervient suite à la crise violente provoquée en octobre dernier par une rumeur persistante sur la disparition d’organes génitaux, qui avait malheureusement entraîné des violences meurtrières dans le territoire d’Isangi et à Kisangani. Ouvrant les travaux, le Dr Willybaard Kowengbia, chef du sous-bureau OMS Kisangani, a souligné la nécessité d’« une information rigoureuse, capable d’apaiser plutôt que d’enflammer », un impératif particulièrement crucial en période d’épidémies.
Au premier jour, le Dr Amos Ebondo, expert en épidémiologie, a présenté un tableau sanitaire alarmant : le choléra, la Mpox, les diarrhées aiguës et le paludisme continuent de frapper la Tshopo, exigeant une communication de risque plus efficace et proactive. Le deuxième jour, Katson Maliro, responsable communication des risques à l’OMS, a rappelé aux participants l’importance de maîtriser et de distinguer les différentes sources d’information en santé :
Sources institutionnelles (autorités sanitaires, ministères)
Sources professionnelles (médecins, scientifiques)
Sources communautaires et sociales (leaders d’opinion)
Bases de données scientifiques (publications académiques)
Sources médiatiques et réseaux sociaux

L’objectif est d’aider les journalistes à naviguer dans un environnement saturé et à distinguer le fiable du trompeur, surtout en période de propagation de rumeurs. Un autre intervenant, Alexis Balingi, journaliste et formateur, a insisté sur les principes fondamentaux de la déontologie : rigueur, vérification des faits, impartialité et responsabilité sociale du journaliste face à la communauté.
La troisième journée a été consacrée à la communication sensible et à la prévention des crises sociales, introduite par l’intervention de John Mondele, Coordonnateur du programme national de la communication pour la promotion de la Santé dans la province de la Tshopo. En clôture, le Dr Bavon Tangunza, Infodemic Manager, a martelé l’importance du fact-checking (vérification des faits), de l’écoute communautaire et de la lutte contre les discours de haine. Il a rappelé que plusieurs rumeurs, notamment celles concernant l’hésitation face aux vaccins (antivaccins), continuent de circuler activement sur les réseaux sociaux.
Pour concrétiser les acquis, les participants ont mis en place un groupe d’échange permanent destiné à signaler rapidement les rumeurs et à renforcer la collaboration entre les médias et les autorités sanitaires de la Tshopo. Ils ont également produit un plan média afin de contribuer à la récolte, au traitement et à la diffusion de l’information sanitaire plus fiable.

