Ce samedi 09 mai, l’émotion a été palpable au mémorial des victimes de la Guerre de Six Jours. Mme Mamie Utshudi, figure emblématique et visage meurtri des atrocités entre les armées rwandaise et ougandaise qui ont déchiré la ville de Kisangani en juin 2000, s’est rendue sur les lieux pour honorer la mémoire des disparus. Entre larmes et recueillement, elle a déposé une gerbe de fleurs sur les tombes de ses parents, fauchés par la violence des armes il y a plus de deux décennies.

Devant les stèles, Mamie Utshudi n’a pu contenir son émotion. Pour celle qui porte encore les cicatrices morales de ces affrontements entre les armées rwandaise et ougandaise sur le sol congolais, ce samedi était placé sous le signe du souvenir.

Chaque fleur déposée ici est un cri du cœur pour mes parents et pour les milliers de Boyomais tombés injustement. La douleur est restée intacte, comme si c’était hier », a-t-elle confié, la voix brisée par les sanglots.

Au-delà de son deuil personnel, Mme Utshudi a tenu à passer un message patriotique fort, au côté de la structure BOMOKO, portée par Deba Baelongandi. Constatant avec amertume l’état de vandalisme et parfois le manque de respect entourant ce lieu de mémoire, elle s’est adressée directement à la jeunesse de Cabine, autrefois auteure des actes odieux sur ce site.

« j’exhorté les jeunes à ne plus transformer ce cimetière en lieu de loisirs ou de vandalisme. Ce site n’est pas un simple terrain. C’est l’histoire de notre pays écrite dans le sang. Respecter cet espace, c’est respecter notre identité et nos martyrs. », a-t-elle lancé

Le cri de détresse de Mamie Utshudi s’est également tourné vers les décideurs politiques. Elle a déploré l’abandon progressif du mémorial, l’exposant à toutes sortes d’insalubrités et d’insécurité. Elle demande au gouverneur de la Tshopo et au Président de la République, la mise en place d’une garde permanente pour protéger le site. Pour Utshudi, le mémorial doit devenir un véritable lieu de pèlerinage historique, entretenu par l’État pour que les générations futures n’oublient jamais le prix de la paix.

En quittant le cimetière, Mme Usthudi a laissé derrière elle un silence pesant, mais porteur d’un espoir, celui que son message soit entendu pour que les victimes de la Guerre de Six Jours reposent enfin dans la dignité qu’elles méritent.

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