À Kisangani, lorsque la tension monte, les rues parlent avant les institutions. Vendredi 24 Avril, au Bloc Plateau Médical, la fumée des pneus brûlés s’est élevée dans le ciel lourd de la ville, les détonations ont rompu le calme habituel, et la peur s’est invitée dans les maisons. Des familles inquiètes observaient derrière les portes entrouvertes, d’autres sous les lits, des jeunes couraient dans les ruelles, tandis que circulaient les rumeurs d’une démolition imminente de plusieurs habitations proches de Aéroport militaire de Simi-Simi.
Mais au milieu de cette crispation et crépitement des balles, un autre signal est apparu , celui d’une classe politique jeune rarement aussi alignée sur une question sensible touchant directement la population depuis l’épisode Assemblée provinciale contre l’exécutif.
De Kisangani à Kinshasa, les élus provinciaux et nationaux originaires de la Tshopo ont rapidement pris la parole. Au-delà des appartenances et des sensibilités, tous ont exprimé une même préoccupation celle de protéger les habitants, faire respecter la loi et éviter l’escalade.
Patrick Matata Makalamba a été parmi les premiers à réagir. Dans un ton grave, il a dénoncé toute tentative de démolition menée en dehors du cadre légal. Pour lui, la population attend des autorités des actes de paix et de développement, non des opérations brutales. Son message se voulait ferme, mais apaisant défendre les droits sans céder à la violence.
Toute tentative de démolition improvisée au quartier Plateau Médical est inopportune », a-t-il ajouté.
Puis est venue la voix de Théoveul Lotika, plus directe encore comme étant habitant du coin. Aux habitants de Cabine et de la Mission Saint Gabriel, il a lancé : « Vous n’êtes pas seules. » Dans une ville souvent habituée à se sentir éloignée des centres de décision, cette phrase a résonné comme une promesse de présence. Il a annoncé la saisine du ministre de la Défense pour obtenir une mesure de surséance, demandant en échange sérénité et calme.
Soucieux de faire régner la paix sociale dans un contexte sécuritaire déjà fragile, je prie l’Excellence Monsieur le Vice-Premier Ministre d’agir en bon père de famille », a déclaré Théoveul Lotika.

Fontaine Mangala , qualifié député de Proximité a, lui aussi, insisté sur le respect des droits des occupants installés aux abords de Simi-Simi. Derrière ses mots, une idée simple , l’État peut agir, mais il doit agir dans les règles, avec humanité et responsabilité.
Nous avons appris la démolition des espaces habités aux abords de l’aéroport de Simi-Simi.Nous appelons les services concernés à respecter les droits des occupants.» Fontaine mangala
Pour couronner le tout, Mateus Kanga, Président de l’Assemblée provinciale de la tshopo s’est également impliqué, rejoignant le front des élus mobilisés autour d’un même impératif : ne pas abandonner Kisangani à ses tensions internes.
Sur les réseaux sociaux, l’élu de Kisangani est allé au-delà des publications. Il a eu des échanges avec la mission responsable de ce qui est arrivé au quartier Plateau Médical.
Cette mission ne consistait pas au stade actuel à venir démolir les hésitations allant de la 1ère jusqu’à la 4 eme. La mission présente à Kisangani depuis le 06 Avril rentre à Kinshasa en sachant que cette zone est densément peuplé par la population en ordre avec les services étatiques et fera rapport dans ce sens.
Après échange avec les quelques victimes et les missionnaires, Mateus kanga à rassurer la population sur la libération des jeunes interpelés durant les échauffourées.


Dans les quartiers populaires de Boyoma, ces prises de position ont été commentées avec attention. Ici, les habitants du quartier Plateau Médical ne demandent pas seulement des déclarations. Ils veulent sentir que leurs représentants connaissent leurs rues, leurs peurs, leurs difficultés quotidiennes. Ils veulent des élus proches, capables de parler quand tout vacille. Et c’est peut-être cela qui marque cet épisode , au-delà du dossier foncier ou sécuritaire, il révèle une attente profonde de proximité entre les citoyens et ceux qui les représentent.
Kisangani, ville blessée par l’histoire mais debout dans sa dignité, l’unité des élus autour du Plateau Médical envoie un message clair :au pouvoir central ; lorsqu’il s’agit de défendre la Tshopo, les divisions peuvent s’effacer.

