Ce vendredi 5 juin 2026, la ville de Kisangani s’est figée dans le recueillement pour marquer le 26ème anniversaire de la « Guerre de Six Jours ». Le souvenir des événements tragiques qui ont meurtri la ville de Kisangani, en juin 2000 reste vif. Pour honorer la mémoire des disparus sous les obus des armées rwandaise et ougandaise, les membres de l’association des victimes de la guerre se sont réunis dès la matinée à la paroisse catholique Marie Médiatrice.


Une messe d’action de grâce y a été célébrée, offrant un moment de communion et de prière pour les âmes des victimes. Après l’office religieux, le cortège s’est dirigé vers le mémorial des victimes de la Guerre de Six Jours. Dans une atmosphère chargée d’émotion et de tristesse, une gerbe de fleurs a été déposée au pied du monument. Un geste symbolique qui rappelle, 26 ans plus tard, l’impératif du souvenir et l’exigence de justice pour ceux qui ont souffert dans leur chair et dans leur âme.
« Nous sommes ici pour ne pas oublier, et pour que les générations futures connaissent l’histoire de notre ville », ont confié des membres de l’association, les yeux embués d’émotion. Alors que les plaies peinent encore à se refermer totalement, cette commémoration souligne une fois de plus la nécessité de préserver la paix et de cultiver la mémoire collective, afin que de tels drames ne se reproduisent plus jamais à Kisangani.
Le cri du cœur d’Utshudi pour la mémoire de Kisangani

Au cœur de cette mobilisation, Utshudi, figure de proue de l’association des victimes, a porté la voix de ceux qui ne veulent pas que l’oubli s’installe. Entre émotion et tristesse, son engagement témoigne d’une blessure qui, bien que refermée par le temps, reste béante dans la mémoire collective de la Tshopo.
Pour Utshudi, ce devoir de mémoire n’est pas seulement un exercice de nostalgie, c’est une exigence de justice et un plaidoyer pour la paix. « Déposer cette gerbe, c’est réaffirmer que nos disparus ne sont pas morts en vain. C’est rappeler à chacun que Kisangani a payé un prix lourd pour la paix et que nous devons, chaque jour, cultiver cette mémoire pour éviter que l’histoire ne se répète », a-t-elle déclaré, visiblement ému devant le monument aux victimes.

