À Kisangani, dans la province de la Tshopo, au nord Est de la République Démocratique du Congo, la mise en œuvre du Projet d’Entrepreneuriat des Jeunes dans l’Agriculture et l’Agrobusiness (PEJAB) est au cœur d’une vive controverse. Dans une correspondance officielle adressée au président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, avec copies aux autorités nationales et provinciales concernées, dont Kis24 a reçu une copie, des jeunes agripreneurs dénoncent de graves irrégularités qu’ils jugent contraires à la vision présidentielle de promotion de l’entrepreneuriat juvénile.
Selon les signataires, plusieurs jeunes régulièrement formés dans le cadre du PEJAB auraient été délibérément écartés du processus de financement. Pire encore, certains bénéficiaires auraient été orientés vers des filières différentes de celles pour lesquelles ils ont été formés, en violation des objectifs pédagogiques et entrepreneuriaux du projet.
Le mémorandum pointe également du doigt la Trust Investment Development (TID) S.A, accusée d’exiger des garanties financières et matérielles jugées inaccessibles à de jeunes entrepreneurs sans capital de départ. Une pratique que les auteurs estiment contraire à l’esprit même d’un projet censé soutenir l’émergence d’une nouvelle génération d’agri-preneurs.
Autre fait jugé particulièrement préoccupant : plus de deux millions de dollars américains déjà mobilisés par la Banque Africaine de Développement pour le financement des jeunes resteraient bloqués au niveau de la microfinance TID S.A. Cette situation contraste, selon les plaignants, avec d’autres provinces où le PEJAB est exécuté avec l’appui d’institutions financières jugées plus flexibles.
Les dénonciateurs évoquent aussi l’intégration irrégulière de plus d’une centaine de jeunes non formés par le projet, au détriment de ceux ayant suivi l’ensemble du parcours de formation, notamment au centre d’incubation de l’Université de Kisangani. Une pratique qui, selon eux, alimente frustration, démotivation et perte de confiance parmi les véritables bénéficiaires.
Face à ce qu’ils qualifient d’atteinte grave à la crédibilité des projets soutenus par les partenaires techniques et financiers, les agripreneurs de la Tshopo sollicitent l’implication personnelle du Chef de l’État pour faire toute la lumière sur ces faits, établir les responsabilités et ordonner des mesures correctives urgentes. Objectif affiché : garantir un financement équitable de tous les jeunes formés, sur base de leurs business plans, et préserver l’esprit initial du PEJAB, pilier de l’autonomisation économique de la jeunesse congolaise.

