La brume du matin peine à se lever sur la RN4 lorsqu’un murmure inquiétant parcourt les villages voisins. Un avion vient de s’écraser dans la forêt, à environ un kilomètre du tronçon principal, à quelques encablures seulement du PK34. Une carcasse fumante, une odeur de kérosène, des feuilles calcinées, et des corps figés dans un silence dramatique : c’est le décor glaçant qu’a trouvé notre reporter sur les lieux.
Selon les premières informations glanées auprès des habitants et de quelques militaires dépêchés en urgence, l’appareil provenait de Lubutu avec 7 personnes à bord (Deux pilotes de nationalité étrangère, un officier FARDC et sa femme, un ingénieur et un garde de corps) le survivant. Il s’agirait d’un avion privé, jusqu’ici non identifié, et qui, selon certains témoins, effectuait son premier vol opérationnel vers Kisangani.
L’appareil aurait été stationné à Lubutu après le passage de l’AFC/M23 à Walikale. Ses propriétaires, dont l’identité reste encore floue, auraient quitté la zone pour rejoindre Paris, laissant l’appareil au sol.
C’est dans ce contexte de mystère que l’avion a décollé. Quelques heures plus tard, c’est le choc.
Au sol, le constat est dramatique. Parmi les victimes figure un colonel des FARDC , commandant du bataillon Punya non loin de Lubutu. Sa présence à bord a été confirmée par un officier militaire, témoin de l’arrivée des secours.
C’est une lourde perte pour l’armée”, souffle-t-il, visiblement ébranlé.
Un seul survivant a pu être extrait des décombres. Son état critique a nécessité son transfert immédiat à Kisangani pour des soins intensifs. Les autres occupants n’ont pas eu la même chance.
L’origine du vol, ses motivations, la composition exacte de l’équipage, ainsi que les causes techniques ou humaines de ce crash restent inconnues à ce stade. Les autorités locales, encore absentes ce matin au moment de notre passage, sont attendues pour enclencher une enquête officielle et indépendante.
La population, elle, observe avec effroi ce nouveau drame aérien. Entre murmures de sabotage, d’incompétence technique ou de mission suspecte, les spéculations vont bon train. Mais une chose est sûre : le ciel au pk34 s’est assombri, et la RN4 garde désormais, dans ses bois épais, les traces d’un événement aussi tragique que mystérieux.

