Kisangani : Calvaire à la traversée du fleuve Congo entre deux rives, le prix grimpe de 300 à 1000 FC (Reportage)

Jadis 300 FC, le passage entre deux rives reliant deux communes Makiso-Lubunga, traversant le fleuve Congo par pirogue coûte dorénavant 500 FC, et occasionnellement 1000 FC. Frustrant ainsi, les trafiquants de cette voie, qui dénoncent une hausse vertigineuse du prix de la traversée. Cette situation remonte depuis plusieurs jours. La population de deux rives vit un calvaire.

Reportage

Si rien n’a changé, en dépit des interventions des autorités politico-admnistratives, les piroguiers (tenanciers des pirogues), membres de l’association des navigateurs fluviaux de Kisangani, se sont confiés, cœur ouvert, à kis24.info, jeudi 03 mars 2022. La majorité a brandi la plus grande problématique qui serait la hausse du prix des carburants à Kisangani, utilisés par des pirogues à moteurs lors de la traversée.

Au port, par exemple de l’IAT, plus précisément au Beach Bralima, des jeunes filles et garçons ou encore de pères de familles s’y retrouvent en file indienne chaque matin, pour essayer de joindre les deux bouts du mois.

Jean, 34 ans, est piroguier depuis son jeune âge. Son métier lui a permis de se construire une famille de 5 enfants. Il quitte le boulot à 21h. Depuis un certain temps, ses revenus sont en train de baisser.

« On est ici, pour nourrir nos familles. Mais depuis que le carburant se paie à 2700fc, nous avons perdu le peu que nous investissons à chaque course », estime-t-il.

De ses explications, l’on peut déjà comprendre pourquoi leur association a décidé de revoir à la hausse le prix d’une course. Visiblement, le prix du carburant a sensiblement influencé la traverse Makiso-Lubunga.

« Par course allé, nous achetons, 1L du carburant, plus l’huile moteur, à 3500 FC. Chaque tour, nous transportons 23 personnes, multiplié par 300 FC, on gagnait 6900 FC. Et après dépense, on pouvait gagner 3400 FC. Avec une somme si modique, il est difficile de réparer nos moteurs. Des pièces coûtent trop chères », a indiqué un autre membre effectif de l’ANAFLUKIS rencontré sur place.

Par jour, chaque pirogue peut probablement effectuer 10 tours. Mais une autre situation s’ajoute, les moteurs sont en location. Par jour, les prix varient entre 20.000 FC et 25.000 FC.

« Si, difficilement, tu attends les 10 tours, par jour tu auras 34 000 FC. Il faut payer le moteur à 25 000fc, payer les convoyeurs, payer la cotisation de l’association…voilà notre souffrance », a amèrement expliqué un agent de l’ANAFLUKIS.

À cette première cause, s’ajoute la carence des billets de 200 FC, 100 FC et 50 FC. Ces travailleurs avec pirogues motorisées affirment que leurs clients tombent quelques fois dans des incompréhensions par manque de ces billets. Ainsi, cette nouvelle mesure vient mettre fin à des discussions.

C’est déjà une lutte remportée par ces piroguiers. Bien que même au prix de 500 FC, l’insatisfaction persiste mais quand même les gens sont en train de s’habituer.

« Le peu que nous gagnons aide d’une façon ou d’une autre. Si c’est vraiment 300 FC, tant mieux rester à la maison », a toné un pagayeur.

Pendant ce temps, à la mairie de Kisangani, après une réunion entre le maire de la ville, et les structures assurant la traversée sur le fleuve Congo, à savoir l’ANAFLUKIS et l’APETRAP, il a été décidé que l’autorité urbaine va fixer le nouveau tarif. En attendant, les deux structures maintiennent ce prix, et la société civile de Lubunga continue de dénoncer.

Des sources anonymes, Kis24.info a appris que les manifestations pour protester contre cette situation sont en cours de projection. Plusieurs habitants de Lubunga, touchés par cette hausse vertigineuse du prix de la traversée, sont prêts de descendre dans la rue pour dire non aux manœuvres obscures qui seraient ourdies par les autorités locales.

À suivre !

Mukendi DavidGaston

Journaliste, poète, slameur, professeur et chrétien

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