La province de la Tshopo est au cœur d’une controverse financière. Le mouvement citoyen Lutte pour le Changement (LUCHA), un mouvement citoyen congolais, a déposé ce mardi, une lettre de dénonciation auprès du président de l’Assemblée provinciale.

Le document, exploité par KIS24, met en cause le financement de deux concerts organisés les 16 et 17 août derniers sous le patronage du gouverneur de la province.

À l’en croire, le montant est faramineux du cachet de Rebo, l’artiste musicienne venue de Kinshasa pour l’occasion. Selon la LUCHA, ce cachet avoisinerait les 150 millions de francs congolais. Une somme jugée scandaleuse au regard des besoins criants de la population de la Tshopo.

Dans sa lettre, la LUCHA dresse un portrait accablant de la situation socio-économique et sécuritaire de la province. Le mouvement citoyen énumère les problèmes urgents qui gangrènent le quotidien des habitants de Kisangani et des environs :

  • L’état déplorable des infrastructures routières
  • La recrudescence de la criminalité urbaine, avec des homicides et des viols quotidiens
  • Le manque de moyens pour la police pour assurer la sécurité
  • Le manque d’accès à l’eau potable pour de nombreuses familles, les exposant aux maladies hydriques
  • La pénurie cyclique d’électricité, qui affecte les prix des denrées et la sécurité
  • Les arriérés de salaire des agents du Gouvernorat

Face à ce tableau, le financement d’un concert est perçu comme une « dilapidation des fonds de la province » et un « problème d’éthique publique et de vision stratégique ». La LUCHA dénonce une priorisation du divertissement au détriment des besoins vitaux de la population.

Ainsi, LUCHA ne s’arrête pas à la dénonciation. Le mouvement citoyen demande au président de l’Assemblée provinciale d’ouvrir une action parlementaire dès la prochaine rentrée pour faire la lumière sur cette affaire. Le mouvement espère que cette action permettra de :

  • Établir le montant exact de la dépense et vérifier si celle-ci était bien prévue dans le budget provincial.
  • Tirer les conséquences politiques de cette dépense jugée « hasardeuse » au regard des défis de la province.

En se tournant vers l’organe délibérant de la Tshopo, la LUCHA espère que des mesures concrètes seront prises pour que de tels agissements ne se reproduisent plus. Elle laisse transparaître un besoin de transparence et de redevabilité dans la gestion des fonds publics, un combat qu’elle mène depuis des années.

La LUCHA ajoute dans sa lettre en se disant confiante dans le « sens d’engagement patriotique et républicain » des députés provinciaux pour donner une suite favorable à sa requête. L’affaire est désormais entre les mains de l’Assemblée provinciale de la Tshopo, et les regards sont tournés vers sa réaction face à ces accusations de mauvaise gestion.

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