Après une première session consacrée à la bonne gouvernance, une deuxième série d’ateliers de formation a démarré jeudi 25 septembre 2025, mettant l’accent sur thème du leadership féminin des femmes handicapées. Cette séance de renforcement des capacités marque un pas significatif dans la lutte pour une meilleure inclusion des femmes et filles handicapées dans la sphère politique et le développement communautaire.
Organisé par l’association Action des femmes handicapées pour les droits de l’homme et le développement intégral (AFHADHODI), avec le soutien financier essentiel d’Affaires Mondiales Canada, l’atelier vise à renforcer les capacités de 100 participantes handicapées issues de la province de la Tshopo.
La formation, d’une durée de deux jours (du jeudi au vendredi 26 septembre), a été animée par deux facilitateurs. Scolastique Yalongolo Baila, l’une des facilitatrices, explique la pertinence du thème choisi. « Dans la ville, nous faisons face à plusieurs réalités. Concernant les femmes et filles handicapées, nous avons jugé bon de les encadrer et de leur transmettre des capacités et des connaissances axées principalement sur le leadership féminin », a-t-elle confié à KIS24.

Le choix de se concentrer sur le leadership féminin des femmes handicapées n’est pas un hasard. L’état des lieux de l’association a révélé un paradoxe. « Beaucoup de femmes handicapées possèdent des compétences et des capacités », a souligné Scolastique Yalongolo Baila, « mais elles se laissent souvent sous-estimer, ou sont perçues uniquement comme vulnérables, alors qu’elles peuvent réellement agir, entreprendre et impacter ».
Le leadership, a-t-elle rappelé, est « avant tout une vision claire, capable d’influencer un groupe à adhérer à une philosophie pour atteindre un objectif commun ». Les participantes sont déjà actives dans divers secteurs, des groupes culturels à l’agro-pastoral en passant par la pâtisserie.
Dans ce sens, l’objectif principal de l’AFHADHODI est de susciter et renforcer la vision des participantes, les amener à croire en elles-mêmes et à développer leur confiance en soi et promouvoir leur autonomisation, afin qu’elles ne dépendent plus uniquement des autres, car cette dépendance « accentue leur fragilité ».
La formation insiste sur les valeurs du leadership féminin et propose des modèles de référence concrets pour des femmes inspirantes de Kisangani qui ont réussi dans différents domaines. Celà offre aux bénéficiaires des repères concrets et des exemples positifs à suivre dans leurs propres parcours.
De son côté, Patience Lisisa, coordonnatrice de l’AFHADHODI, a mis en lumière les obstacles structurels auxquels les femmes et filles handicapées de la RDC, et de la Tshopo en particulier, sont confrontées. Selon elle, malgré l’existence de lois protégeant les personnes handicapées et la loi électorale, leur participation politique reste minime. Mme Lisisa a révélé un chiffre alarmant : moins de 5% des femmes handicapées ont été alignées sur les listes électorales lors des scrutins de 2023.
Cet atelier vient donc combler un vide crucial, en outillant ces femmes non seulement pour l’entrepreneuriat ou l’activisme social, mais aussi pour qu’elles puissent enfin occuper la place qui leur revient dans les instances de prise de décision.

