Les habitants des Cités Basay, Paradis, Pesho et du Bloc Motumbe, une extension du quartier Plateau Boyoma dans la Commune Makiso à Kisangani, vivent sous l’oppression des policiers de l’escadron Légion Nationale d’Intervention (LENI) connus sous le nom « Uwa—Uwa ». Cheville fracturée, une femme attend son intervention chirurgicale après être tirée dessus, de manière arbitraire, par un policier de cette unité, le dimanche 29 juin 2025 à la Cité Paradis.
Suspendus et confinés en septembre 2024 après plusieurs plaintes de la population par le Général François Kabeya Makosa, Commissaire honoraire de la PNC Tshopo, les policiers de l’escadron Légion Nationale d’Intervention (LENI) connus à Kisangani sous le pseudonyme « Uwa—Uwa », refont surface aux Cités Basay, Paradis, Pesho et au Bloc Motumbe. Vénus de Kinshasa pour le conflit intercommunautaire Mbole et Lengola, ces éléments sont auteurs de plusieurs cas d’extorsion, d’arrestation arbitraire et des coups de balles ayant, déjà, entrainé la mort d’homme.
Une population—proie face aux policiers—prédateurs armés

Habiter le Bloc Motumbe et les cités environnantes, c’est être une population—proie des prédateurs armés Uwa—Uwa. En plus d’extorquer les biens et d’arrêter les personnes, ces policiers incontrôlés tirent, désormais, sur la population. Le dernier cas remonte le dimanche 29 juin 2025 à 10 heures locales aux petits marché du PK5 à la Cité Paradis.
Marie—Jeanne Apendeki, âgée d’une trentaine d’années, mariée et mère de 3 enfants dont la plus jeune a 9 mois, a reçu une balle à la cheville gauche, pendant qu’elle négociait le prix du riz. Selon le Médecin Gaspard Esiso, spécialiste en chirurgie Orthopédie—Traumatologie qui la soigne à la Polyclinique Saint Gaspard, « deux os de la cheville gauche sont fracturés et nécessitent une intervention chirurgicale ».
Interrogée par KIS24, Marie—Jeanne Apendeki a raconté comment elle avait reçu la balle.
« J’étais au marché pour arranger mes ongles et acheter la nourriture… Quand j’ai fini de faire mes ongles au salon de coiffure qui est en face du sous—ciat de la PNC du PK5 Cité Paradis, je suis sortie pour acheter la nourriture. Pendant que je négociais le prix du riz, 2 policiers Uwa—Uwa en tenue civile se sont arrêtés à moto … Ils ont tiré le premier coup de balle à l’air pour disperser les personnes qu’ils avaient trouvé sur le lieu ».
A-t-elle dit avant de poursuivre.
« J’ai fui comme tout le monde… Et pendant que je fuyais, ils ont tiré le deuxième coup de balle et j’ai été touchée sur la cheville gauche … »
Le tireur est libre. Il est connu sous le nom du « Champion ». Il est l’un des policiers Uwa—Uwa le plus actif dans l’entité et leur bureau se trouve à la Cité Pesho. Ils arrêtent les gens et conditionnent la libération par le payement des amendes fixées par eux-mêmes. Le dimanche où « Champion » avait tiré sur Marie—Jeanne, il avait arrêté deux jeunes garçons qui ont été libérés, quelques heures après, par le chef de poste du Sous-ciat de la PNC Motumbe.
« « Champion » disait : » la balle a touché plutôt la cheville…. Il fallait que ça touche le ventre… » », a témoigné un de deux jeunes qui ont été arrêtés puis libérés.
Les policiers commis au Sous-ciat de la PNC Motumbe au PK5 Cité Paradis affirment que « il n’y avait aucun problème dans notre entité ce jour-là. Les personnes dispersées étaient soit des gens venus pour la coiffure et le marché ou soit pour la manucure et la pédicure comme la victime. C’était la fièvre normale qui précède le jour de fête (30 juin) ».
Marie-Jeanne est clouée au lit de la Polyclinique Saint Gaspard. Entre les douleurs de sa fracture et les pleurs de son bébé de 9 mois, elle attend son intervention chirurgicale. Pendant ce temps, d’un côté, sa famille cherche les moyens et de l’autre côté, elle tente de trouver l’arrestation du « Champion ». Jusqu’à la rédaction de cet article, la victime endure sa souffrance et « Champion » est toujours libre.

