À l’occasion de la commémoration de la Journée nationale du Genocost (Génocide congolais pour des gains économiques), célébrée chaque 2 août, la ville de Kisangani a vibré au rythme des activités de recueillement et de sensibilisation.

En marge de la messe d’action de grâce dite en la paroisse Saint-Jean-Paul II de Maelé, Me Blaise Monduka, Coordonnateur de l’ONG Ukumbusho, a rappelé l’impérieux devoir de mémoire qui incombe à la jeunesse congolaise face aux tragédies passées.

Revenant sur la genèse de cette date sombre, Me Blaise Monduka a souligné les lourds tributs payés par la population congolaise au cours des trois dernières décennies. « Notre pays, la République démocratique du Congo, a connu plusieurs atrocités. Et ces atrocités ont fait beaucoup de morts pendant une trentaine d’années. C’est dans ces circonstances-là, suite à plusieurs plaidoiries et listes que nous avions amenées, que le gouvernement de notre pays a choisi symboliquement le 2 août — date marquant le déclenchement des vagues de massacres du 2 août 1998 — comme Journée nationale des génocides congolais. Par là, on fait allusion à des atrocités commises sur des personnes sacrifiées pour des gains économiques. »

Insistant sur le choix symbolique d’une messe dédiée aux jeunes au sein de la paroisse Saint-Jean-Paul II, le Coordonnateur d’Ukumbusho a insisté sur la nécessité d’une transmission intergénérationnelle de la conscience historique. « Nous sommes dans une société où nous devons intérioriser et parler aux jeunes de ce qui préoccupe notre pays, notamment ces atrocités. Les jeunes doivent s’en approprier. Ils doivent savoir que le 2 août est la Journée nationale du Genocost, connaître ce qui s’est passé et adopter des attitudes commémoratives. C’est l’objectif d’Ukumbusho, qui œuvre, aux côtés d’autres acteurs, pour la vérité, la justice et une paix durable. »

Appelant à ne pas reléguer les efforts étatiques au rang de simples formalités administratives, Me Monduka a exhorté les victimes et la société civile à se mobiliser activement. « Le message capital, c’est que les victimes doivent être consciencieuses et s’approprier cet événement. La reconnaissance donnée par le gouvernement ne doit pas être une lettre morte. Nous devons le ressentir à travers nos actes et nos rassemblements. Pour Ukumbusho, la messe constitue un moment fort, mais nous encourageons toutes les initiatives similaires portées par d’autres organisations pour que tout le monde s’en approprie. »

Abordant le sens de cette commémoration sous l’angle de la foi et de la résilience communautaire, le prélat catholique du jour a axé son homélie sur la réconciliation, la dignité humaine et la quête de justice. À ce même moment, l’église paroissiale de Saint Jean-Paul II célébrait la journée de la jeunesse.

Leave A Reply

Campagne de sensibilisation contre Ebola