Journée sans moto à Kisangani: le ras-le-bol des conducteurs victimes des tracasseries routières !

Il est observé depuis l’aube de ce lundi 23 août dans toutes les artères de la ville de Kisangani, une absence presque totale de motards (conducteurs motos) en circulation. On ne peut que recourir aux pneus d’Adam pour se déplacer d’un endroit à un autre, même de longue distance.

Cet inhabituel climat serait l’effet des multiples « tracasseries » des agents de la police routière affectés dans des ronds-points et recoins de la ville pour y harmoniser la circulation.

À l’endroit d’ordonner la circulation, confie un motard, ces policiers routiers se jettent dans la chasse au gagne-pain, qui consiste à exiger aux passagers véhiculés de couvrir des prétendues infractions par un geste de salutation monétisé, désigné par le fameux jargon congolais « mbote ya likasi »

« Il ne font absolument rien! Au contraire, ces sont eux qui créent des embouteillages et causent souvent des accidents, qui, même si vous avez vos papiers en règles et que vous n’avez violé aucune consigne routière, ils vont seulement créer une infraction qui aboutira à vous soutirer de l’argent » lance un taximan.

« on en a assez!» vocifére un autre.

« Tu transporte un(e) client(e) avec une seule botte de pondu, on t’arrête, sous prétexte d’un mauvais chargement. Je me demande par quel poids de mesure un gamin de 4ans avec sa sœur de 12ans derrière, peuvent être objet d’un mauvais chargement » ajoute-t-il.

Ce lundi, des motos taxi sont interdits de circuler et d’autres menacés de se faire brûler par les manifestants.
Pour parer à ces tentatives de troubles, des forces de l’ordre sont déployés dans des artères principales de la ville, afin d’empêcher les manifestants de causer des dégâts, qui sont soldés dans certains endroits, par des échanges de projectiles, et des tirs en balle réelle pour contrer les manifestants de tout débordement.

Si dans le centre ville la circulation reprend peu à peu, les ruelles de certains quartiers cependant restent encore sans mouvement. La population inquiète, ne peut que payer le pot cassé.

Alors que le Gouverneur ad interim, Abibu SAKAPELA saisi de leur plainte, a essayé de calmer l’hémorragie dans un communiqué lu à la RTNC samedi dernier par le porte-parole du gouvernement de la Tshopo, décrétant « 30 jours de courtoisie aux taximens », ces conducteurs n’ont pas voulu attendre le dégel, d’où l’option d’une journée sans circulation de motos a semblé importante.

Il n’est signalé officiellement lors de cette manifestation aucune perte de vie et pas assez de dégâts matériels. Toutes fois, des sources entrecoupées rapportent plusieurs blessés lors des échauffourées entre police et taximens à Mangobo. L’on parle même des morts.

Cependant, dans la ville, d’autres activités commerciales, de lieux cultes et lieux de loisir ouverts, tout se poursuit normalement.

Gratius WANDJA

Steves

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