Le 13 août dernier, alors que des jeunes élèves fêtaient leur réussite aux examens dans une ambiance de liesse populaire, une intervention policière a tourné à la tragédie, coûtant la vie à un enfant, Jean-Marie Amuri.

Selon un communiqué du Réseau de Protection de la Province de la Tshopo (RP Tshopo), les forces de l’ordre seraient intervenues pour faire respecter l’interdiction de manifestations publiques, mais l’opération a viré au cauchemar près de la mosquée centrale. C’est à cet endroit que le jeune Jean-Marie a été mortellement touché par la balle d’un agent.

Cette utilisation de la force létale contre des civils, et en particulier des mineurs, a été qualifiée d’« inacceptable » par le Réseau de Protection. Le réseau dénonce une grave violation des droits fondamentaux et des engagements nationaux et internationaux en matière de protection des droits humains.

Une famille laissée à l’abandon

Plus de deux semaines après le drame, la famille de la victime reste sans aide ni réparation. « Elle est baladée entre les services étatiques, qui s’envoient mutuellement la responsabilité sans prendre de mesures effectives pour répondre à sa quête légitime de justice et de soutien », peut-on lire dans le communiqué.

Un autre blessé, également touché lors de l’intervention, est hospitalisé et sa famille peine à couvrir les frais médicaux. Cette double absence de soutien met en lumière, selon le Réseau, un dysfonctionnement criant des mécanismes de réponse de l’État.

Impunité et silence des autorités

Malgré la gravité des faits, aucune enquête sérieuse, indépendante et transparente n’a été officiellement ouverte. Le silence des autorités et l’absence de communication sur l’avancement du dossier sont pointés du doigt.

Pour le Réseau, ce manque de transparence « perpétue l’impunité et mine la confiance dans les institutions censées protéger les droits humains. ». Face à cette situation, l’organisation de défense des droits humains formule plusieurs exigences :

  • L’ouverture immédiate d’une enquête rigoureuse et transparente pour établir les responsabilités.
  • Des poursuites sans délai contre les auteurs directs et les commanditaires du tir mortel.
  • La suspension des agents impliqués le temps de l’enquête.
  • Un renforcement de la formation des forces de sécurité en gestion pacifique des foules et en droits humains.

Le Réseau de Protection de la Tshopo se dit prêt à apporter une assistance juridique à la famille de Jean-Marie Amuri et s’engage à suivre de près le dossier pour que « justice soit rendue afin de rétablir la confiance dans les institutions chargées de protéger les droits humains. »

Journaliste Multimédia & Reporter

Leave A Reply