À l’heure où l’indemnisation des victimes des activités illicites de l’Ouganda en RDC notamment pendant la Guerre de Six Jours à Kisangani entre dans une phase décisive, la nomination de Dismas Kitenge Senga comme Président du Conseil d’Administration (PCA) ad interim du FRIVAO résonne comme un acte de justice. Ce mercredi 08 avril, devant une grande communauté de victimes, le Ministre d’État Guillaume Ngefa a scellé cette confiance en érigeant le nouveau promu en rempart contre l’impunité.
Le choix est tout sauf le fruit du hasard. En désignant Dismas Kitenge à la tête du Fonds spécial de Répartition d’Indemnisation aux Victimes des activités illicites de l’Ouganda en RDC (FRIVAO), le gouvernement congolais a choisi de confier les clés du dossier à celui qui en détient la mémoire.
Lors de son échange avec les victimes, dans la grande salle de l’Alliance Française de Kisangani, le Ministre d’État à la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa, n’a pas tari d’éloges sur le nouveau PCA ai. Répondant aux attentes d’une population meurtrie par des années d’attente, il a fermement pris la défense de Dismas Kitenge.
Cette décision a été mûrement réfléchie. J’ai consulté de nombreuses autorités avant de porter mon choix sur un homme dont le mérite et l’intégrité ne sont plus à démontrer », a-t-il affirmé, soulignant que ce poste revient à un expert du terrain plutôt qu’à un politique.
Le « héros de Kisangani »

Dans la foule, les témoignages des victimes ont été vibrants. L’une d’entre elles a particulièrement marqué l’assistance en qualifiant Dismas Kitenge de « véritable héros des victimes de la Guerre de Six Jours ». Un titre qui n’est pas usurpé : alors que le conflit faisait rage à Kisangani en l’an 2000, c’est à travers le Groupe Lotus, l’ONG qu’il a fondée, que les premières documentations systématiques des massacres et des destructions ont été réalisées.
Sans ce travail de documentation titanesque, les dossiers présentés devant les instances internationales auraient manqué de la rigueur nécessaire pour faire plier l’Ouganda devant la Cour Internationale de Justice (CIJ).
Le parcours de Dismas Kitenge est une fresque de résistance. Défenseur des droits de l’homme depuis plus de 30 ans, il a su porter la voix des sans-voix bien au-delà des frontières de la Tshopo. Son expertise l’a conduit au sommet de la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH), où il a siégé comme Vice-Président durant neuf années.
Cette stature internationale est aujourd’hui le gage d’une gestion transparente pour le FRIVAO. Alors que l’audit du fichier des victimes et la reprise des paiements sont les priorités absolues, l’arrivée de ce « sage » des droits de l’homme apporte un souffle de crédibilité à une institution autrefois secouée par des zones d’ombre.
Pour les milliers de familles qui attendent réparation, Dismas Kitenge n’est pas seulement un administrateur ; il est le garant que chaque centime destiné aux victimes parviendra réellement aux mains de ceux qui ont tout perdu.

