Le dossier FRIVAO n’en finit plus de rebondir. Cette fois, c’est le député national Theoveul Lotika qui remet une pièce dans la machine. Dans une sortie publique au ton offensif, l’élu de Kisangani affirme détenir plusieurs éléments sur Congo Energy, société impliquée, selon lui, dans le projet de réhabilitation de la centrale hydroélectrique de la Tshopo.
Au départ, raconte-t-il, il y a eu une bataille politique menée pour remettre sur pied cette infrastructure stratégique, essentielle à l’alimentation électrique de la ville. Avec d’autres élus de la province, Theoveul Lotika dit avoir multiplié les pressions sur la SNEL et sur les autorités sectorielles afin d’obtenir le financement des travaux.
Selon sa version, la SNEL, faute d’expertise technique suffisante en interne, aurait ensuite opté pour Congo Energy. Un contrat aurait alors été signé entre plusieurs parties publiques et privées. Problème ce contrat serait resté hors de portée d’une partie des élus.
Un contrat introuvable, des millions annoncés
C’est l’un des points que martèle le député : pourquoi les représentants de la Tshopo n’ont-ils jamais eu accès à ce contrat ? Pour lui, l’opacité autour de ce dossier nourrit les soupçons. Autre sujet de crispation : les montants engagés. Après le départ de l’ancien ministre Mutamba, affirme-t-il, plus de 14 millions de dollars auraient déjà été versés à Congo Energy comme avance sur un marché global dépassant les 50 millions USD. Toujours selon ses déclarations, le compte lié à l’opération aurait par la suite été gelé par la CENAREF.
Voici les questions qui embarrassent
Dans les salons politiques, plusieurs interrogations circulent désormais :
- À quelle date exacte les fonds ont-ils été décaissés ?
- Quand le compte a-t-il été bloqué ?
- Quelles garanties ont été exigées avant paiement ?
- Pourquoi le contrat n’a-t-il pas été rendu public ?
Autant de questions auxquelles Theoveul Lotika promet de chercher des réponses par les voies du contrôle parlementaire.
Une entreprise difficile à localiser
Me Theoveul lotika affirme également n’avoir trouvé ni siège connu ni bureau de représentation de Congo Energy à Kinshasa. Selon lui, la société serait plutôt implantée dans l’ex-Katanga.
Au-delà du cas Congo Energy, l’affaire ravive les critiques récurrentes sur la gouvernance du FRIVAO, structure censée financer des projets au bénéfice des communautés affectées par la geure de six jours à Kisangani. À ce stade, ni SNEL, ni Congo Energy, ni les institutions citées n’ont publiquement réagi à ces accusations. Mais à Kisangani, le dossier est loin d’être refermé.

