La ville de Kisangani, chef-lieu de la province de la Tshopo, est en pleine effervescence. La grande salle de la Fourchette accueille depuis ce jeudi 25 juin 2026, la 2ème édition de l’événement « Singa Mwambe » : un Forum et une foire d’envergure nationale dédiés à l’entrepreneuriat agricole des femmes et des jeunes, face aux défis cruciaux du changement climatique.

Placée sous le haut patronage du Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, et portée par le ministère de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire sous la direction du ministre d’État Muhindo Nzangi Butondo, cette initiative est le fruit d’une synergie puissante. Elle réunit le Forum des femmes de la Tshopo, la Fondation Gisèle Bombele, Enabel partenaire principal, l’ONG SOFEPADI ainsi que le partenaire technique financier de l’événement.

Venus de la ville de Kisangani mais aussi des sept territoires de la province (Bafwasende, Banalia, Basoko, Isangi, Ubundu, Opala et Yahuma), les participants se rassemblent pour deux jours de conférences, d’expositions et de ventes. L’objectif de la Foire agricole et de l’entrepreneuriat « Lipanda » est clair : propulser l’autonomisation économique des femmes et des jeunes dans les filières agro-business et agro-pastorales.

​Pour le Forum des femmes de la Tshopo, structure engagée dans la promotion de l’égalité des genres et du leadership féminin, investir dans la jeunesse et la femme est le levier indispensable pour démanteler les obstacles culturels et accélérer le développement de la région.

​Lors de son allocution devant une auguste assemblée, Madame Gisèle Bombele Lokolokolo, figure de proue du leadership féminin dans la Tshopo et Conseillère au ministère national de l’agriculture et sécurité alimentaire a tracé la feuille de route de cette révolution agricole locale.

​« Nourrir la population de la Tshopo en général, de ses sept territoires et de la ville de Kisangani, est notre objectif principal. Nous avons sélectionné les femmes et les jeunes parce que ce sont eux qui s’engagent réellement pour le développement intégral et durable à travers la terre. Malgré le changement climatique, cultivons au moment opportun, l’agriculture de subsistance ne suffit plus; aujourd’hui, nous devons amorcer une transition ferme vers un véritable agripreneuriat. »

​Un message fort partagé par les officiels présents, notamment Monsieur Wagu Dangali Jacques Trésor, Chef de programme a.i. d’Enabel Tshopo, et Madame Lydie Empata, conseillère au cabinet du ministre provincial de l’Environnement, de l’Agriculture, Pêche et Élevage, Maître Bijou Koy Taka.

Une synergie d’acteurs et des témoignages poignants

​Le forum a également été rythmé par des panels d’experts et des témoignages vibrants de cultivatrices venues d’Isangi, d’Opala et de Bafwasende. Toutes ont tenu à saluer l’initiative de la Fondation Gisèle Bombele et le soutien logistique et technique des partenaires.

Une mention spéciale a été décernée à TROPENBOS RDC pour son accompagnement remarquable des associations féminines à travers la foresterie communautaire. ​L’un des messages clés partagés par les ingénieurs agronomes durant ces échanges est l’importance de moderniser les pratiques, pour obtenir un bon rendement, qu’il soit artisanal ou industriel, le recours à l’expertise technique est désormais incontournable.

L’agriculture doit redevenir la « priorité des priorités » pour assurer l’avenir des enfants de la Tshopo. ​Si le volet scientifique et académique se clôture ce vendredi 26 juin à la salle la fourchette, les festivités et opportunités d’affaires vont se prolonger à l’extérieur.

​Du samedi 27 au lundi 29 juin 2026, la foire s’installera à la Place des Martyrs pour une grande exposition-vente de produits agricoles locaux. Une occasion en or pour la population boyomaise de soutenir directement les producteurs de leur province et de célébrer ce leadership au féminin salué par tous. « Nous voulons des leaders démocrates et engagés comme Mme Gisèle Bombele », s’est enthousiasmée Madame Neullas Bauma, participante au forum.

​Le rendez-vous est pris, la Tshopo est bien décidée à cultiver son autonomie, un champ à la fois.

​Augustin Tsheza

Journaliste Reporter

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