Trente-cinq jeunes de la ville de Kisangani, dans la province de la Tshopo bénéficient actuellement d’une formation technique de six mois en production maraîchère. Cette initiative est portée par l’Agence Nationale de Développement de l’Entrepreneuriat Congolais (ANADEC), en partenariat avec Enabel et l’Initiative pour la Promotion de l’Entrepreneuriat Agricole et des Métiers (IPNAG).
Le programme se déroule sur le site agroécologique du Scolasticat des Prêtres du Sacré-Cœur de Jésus, à Kisangani, également appelé site de l’économie verte. Cet espace sert à la fois de centre de formation, d’expérimentation et de démonstration pour une agriculture moderne, durable et respectueuse de l’environnement.
« Actuellement, 35 jeunes sont en incubation dans le secteur du maraîchage sur notre site agroécologique. Ce lieu joue un rôle essentiel de transfert de connaissances : les jeunes y apprennent des techniques agricoles modernes et durables », explique Pierrot Kassé, directeur provincial de l’ANADEC Tshopo.
« La sélection s’est faite à travers un appel à candidatures, suivi d’une évaluation des profils, afin d’assurer un encadrement adapté », précise-t-il.
Encadrés par des experts de l’IPNAG, les participants apprennent les différentes étapes de la production maraîchère, depuis la préparation du terrain jusqu’à la commercialisation.

« Nous commençons par la sélection du terrain, en tenant compte de l’environnement, du sol et de la disponibilité en eau. Ensuite, nous enseignons les bonnes pratiques agricoles, du choix des semences aux techniques de culture »,
explique Ir Patrick Assani Mungamba, représentant de l’IPNAG.
« Tous ces jeunes ne sont pas des agronomes : certains sont juristes ou économistes, mais ils maîtrisent déjà les bases de la filière. À la sortie de ce programme, ils pourront entreprendre et créer de véritables activités agricoles »,
souligne Nivelle Ilonga, directeur en charge des incubateurs à l’ANADEC national.
Le programme met un accent particulier sur la production biologique, sans utilisation de produits chimiques, afin de préserver la santé des consommateurs et de protéger l’environnement.
La première récolte d’oseille a déjà eu lieu en octobre, tandis que la production de gombo bio est en cours sur le site.
Au-delà de la formation technique, l’objectif est de stimuler l’esprit entrepreneurial des jeunes, de les aider à gérer efficacement leurs cultures, à planifier leurs productions et à commercialiser leurs récoltes. Ce projet contribue ainsi au développement local, à la sécurité alimentaire et à la création d’emplois durables dans la province de la Tshopo.
Malgré ces avancées, le programme fait face à plusieurs défis. Les jeunes rencontrent des attaques d’insectes et de maladies sur leurs cultures, ainsi que des problèmes de sécurité, notamment des cas de vol sur le site. Ces difficultés rappellent la nécessité de renforcer la protection des infrastructures et l’appui technique continu.

