Dans une lettre au ton ferme et institutionnellement posée, parvenue à la rédaction de KIS24, ce vendredi 31 octobre, le président de l’Assemblée provinciale de la Tshopo, Mateus Kanga répond sans détour à la correspondance du Vice-Premier Ministre en charge de l’Intérieur, Shabani Lukoo Bihango, qui convient les bureaux des assemblées provinciales à une réunion à Kinshasa sur la stabilisation des institutions.
Dans sa réponse, le président de l’organe délibérant de la Tshopo rappelle que l’Assemblée agit dans le strict respect de la Constitution et des lois de la République. Il insiste sur le fait que l’exercice du contrôle parlementaire, y compris par voie de motion de défiance, est un mécanisme légal, républicain, et non un acte de déstabilisation.
« L’ Assemblée provinciale, en tant qu’institution démocratique, se doit de remplir ses missions dans le cadre des lois de la République. Le contrôle parlementaire n’est pas une faveur, mais une obligation constitutionnelle », peut-on lire dans la correspondance.
Les récentes interventions du VPM interviennent au lendemain de la déchéance du Gouverneur Paulin Lendongolia, votée à une large majorité par les députés provinciaux réunis en plénière. Une motion de défiance, jugée inévitable depuis plusieurs semaines, a mis fin à un mandat qualifié de « chaotique ».
Mateus Kanga salue d’ailleurs, dans sa lettre, l’attitude du Vice-Premier Ministre : « Vous ne remettez nullement en cause le résultat du vote ayant déchu le Gouverneur de Province, lequel vote s’impose erga omnes, et ne peut être remis en cause que par une décision judiciaire contraire. »
Avant de rejoindre Kinshasa ce vendredi, il rappelle au VPM que seul le pouvoir judiciaire peut trancher sur la légalité d’une déchéance :
« Vous avez été induit en erreur, et aucune autre instance ne peut se substituer au pouvoir judiciaire pour émettre un avis dans le dossier sous examen, surtout sur base de simples allégations de Monsieur le Gouverneur de Province déchu. »
Les griefs reprochés à Paulin Lendongolia par les députés sont principalement l’absence de vision claire de développement, mauvaise gouvernance, gestion opaque des finances publiques, et incapacité à mobiliser les recettes propres de la province. Pour de nombreux observateurs boyomais, la chute du gouverneur n’était qu’une question de temps.

