L’ Assemblée provinciale de la Tshopo convoque officiellement le gouverneur de province, Paulin Lendongolia, à une séance de travail ce samedi 28 février 2026 à 10 heures, au cabinet du président de l’Assemblée provinciale à Kisangani. Cette convocation fait suite à un réquisitoire du Procureur général près la Cour de cassation, sollicitant l’autorisation de traduire le gouverneur en justice pour détournement présumé de fonds publics.
Ce bureau de l’Assemblée, par la voix du rapporteur Paul Lokesa, a précisé que la séance permettra d’auditionner le Procureur général ou son délégué, ainsi que le gouverneur, afin de déterminer la matérialité des faits reprochés et l’opportunité d’ouvrir une instruction judiciaire. L’examen préliminaire du réquisitoire a relevé une erreur formelle sur le nombre de députés ayant voté la déchéance (10 au lieu de 18), mais cela n’affecte pas le fond des accusations.
Cette procédure intervient après la mise en accusation de Paulin Lendongolia en novembre 2025 par l’Assemblée provinciale et sa réhabilitation par la Cour constitutionnelle le 26 novembre 2025, annulant sa destitution survenue le 27 octobre 2025 suite à une motion de défiance. À son retour à Kisangani en janvier, le gouverneur avait appelé les acteurs politiques à l’unité et à la collaboration pour le développement de la province.

Par ailleurs, le président de l’Assemblée, Mateus Kanga Londimo, est revenu à Kisangani ce 26 février 2026, après un séjour à Kinshasa où il avait été invité par les autorités centrales pour discuter des priorités de la province et mener les démarches institutionnelles nécessaires au bon fonctionnement de l’Assemblée provinciale.
Des avis contrastés dans la province
Sur le terrain, la convocation de Paulin Lendongolia suscite des réactions partagées.
Jean-Marie, Agent à la fonction publique provinciale, se dit satisfait du retour de Mateus Kanga et de la vigilance des députés :
Le retour de Mateus est un signal fort. Il rappelle que les députés doivent respecter l’État de droit et faire preuve de constance dans le contrôle de l’exécutif. Cette séance avec le gouverneur est une bonne occasion de montrer que personne n’est au-dessus de la loi. »
En revanche, un agent au gouvernorat sous couvert d’anonymat, estime que le réquisitoire n’aura pas d’impact réel :
La Cour constitutionnelle a déjà réhabilité Paulin. Le réquisitoire ne changera rien. Il a remanié son gouvernement, et ses disciples députés jadis ministres rentrent à l’ Assemblée pour le protéger. Tout cela ressemble plus à un geste politique qu’à une véritable poursuite judiciaire. »
Cette divergence reflète les tensions politiques et institutionnelles qui traversent la province de la tshopo depuis près de 6 mois entre le respect des procédures légales et la stratégie politique autour du gouverneur.
La séance de samedi 28 février, sera scrutée de près par l’opinion publique et les acteurs politiques, et pourrait déterminer les suites judiciaires et institutionnelles du réquisitoire du Procureur dans la Province de la Tshopo contre son Gouverneur.

