Le débat sur l’instauration d’une loi encadrant le référendum en République démocratique du Congo prend une dimension politique majeure. À l’Assemblée nationale, où la proposition de loi a été déclarée recevable, plusieurs élus ont exprimé leur adhésion. Parmi eux, le professeur Patrick Matata Makalamba, député de Kisangani, s’est distingué par un soutien structuré, fondé sur une vision exigeante de la souveraineté populaire.

Combler un vide dans l’architecture démocratique

Pour Patrick Matata, l’absence d’une loi spécifique sur le référendum constitue une incohérence dans un État qui se revendique démocratique. En soutenant cette initiative, il estime que la RDC corrige un retard institutionnel important.

Selon lui, la démocratie ne peut se limiter à la représentation parlementaire. Elle doit aussi intégrer des mécanismes permettant au peuple d’intervenir directement dans les décisions majeures. Le référendum apparaît ainsi comme un outil de consolidation de la légitimité politique.

Faire du peuple l’arbitre des grandes décisions

L’un des arguments centraux avancés par l’élu de Kisangani repose sur la gestion des crises politiques récurrentes. Dans un contexte marqué par des divergences profondes au sein de la classe politique, Patrick Matata considère que certaines questions doivent être tranchées par le « souverain primaire ».

Mode de scrutin, organisation territoriale, réformes institutionnelles : autant de sujets sensibles qui, selon lui, nécessitent un arbitrage direct du peuple afin d’éviter les blocages et renforcer l’adhésion nationale.

Refuser toute limitation de la souveraineté populaire

Tout en soutenant la recevabilité du texte, Patrick Matata émet des réserves sur les restrictions envisagées. Il rejette l’idée de limiter les domaines pouvant être soumis au référendum.

S’appuyant sur des expériences étrangères, il plaide pour une ouverture totale, estimant que la souveraineté populaire doit s’exercer sans entrave, y compris sur des questions institutionnelles majeures. Une position qui remet indirectement en cause certains verrous de la Constitution de 2006.

Créer les conditions de réformes profondes

Enfin, le député voit dans cette loi un levier pour engager des transformations structurelles. En donnant au peuple le dernier mot, il estime possible de débloquer des réformes longtemps restées en suspens.

« Le Parlement peut examiner, mais le peuple doit trancher », résume sa position. Une approche qui vise à rééquilibrer les rapports entre institutions et citoyens, en renforçant le rôle direct de ces derniers dans la conduite des affaires publiques.

Pendant ce temps, le texte est désormais en examen à la commission PAJ. Le plaidoyer de Patrick Matata Makalamba s’inscrit au cœur d’un débat plus large surtout celui de la redéfinition du pouvoir en RDC, entre démocratie représentative et expression directe de la volonté populaire.

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