Alors que la province de l’Ituri fait face à une nouvelle flambée de maladie à virus Ebola ayant déjà causé au moins 65 décès selon Africa CDC, l’absence de mesures visibles dans la province voisine de la Tshopo commence à susciter des interrogations au sein de l’opinion publique locale.

À Bunia, Mongwalu et Rwampara, les autorités sanitaires congolaises, appuyées par Organisation mondiale de la Santé et plusieurs partenaires internationaux, tentent d’organiser une riposte d’urgence après la confirmation de plusieurs cas positifs. Le risque de propagation régionale est jugé élevé en raison des mouvements de populations, des activités minières et de la proximité avec l’Ouganda et le Soudan du Sud.

Mais à Kisangani, capitale de la Tshopo, aucune communication majeure ni mesure sanitaire renforcée n’a encore été officiellement annoncée par les autorités provinciales. Une situation qui alimente critiques et inquiétudes, dans une province régulièrement exposée aux mouvements de voyageurs et d’échanges commerciaux avec l’Ituri.

Pour plusieurs observateurs locaux, le souvenir des précédentes épidémies d’Ebola en République démocratique du Congo devrait pourtant pousser les autorités à agir rapidement, notamment à travers le renforcement des dispositifs de surveillance aux ports, aéroports et axes routiers reliant les provinces voisines.

Le gouverneur de la Tshopo, Paulin Lendongolia, n’a jusqu’ici fait aucune déclaration publique marquante sur le sujet. Aucun plan de prévention provincial, campagne de sensibilisation massive ou cellule de crise visible n’a été communiqué officiellement au moment où Africa CDC appelle à une mobilisation régionale urgente.

Dans les milieux sanitaires, certains rappellent toutefois que des préparatifs techniques peuvent être engagés discrètement avec les services spécialisés sans communication publique immédiate. Mais sur le terrain, l’absence de visibilité nourrit un sentiment d’impréparation.

La résurgence d’Ebola intervient dans un contexte sécuritaire et humanitaire déjà fragile dans l’est de la RDC. Les autorités sanitaires craignent notamment qu’un retard dans les mesures de prévention ne favorise une propagation rapide vers d’autres provinces stratégiques du pays.

À ce stade, aucun cas confirmé n’a été signalé dans la Tshopo. Mais la proximité géographique avec l’Ituri place désormais la province sous surveillance potentielle, au moment où la RDC tente une nouvelle fois d’éviter l’extension d’une maladie parmi les plus meurtrières du continent africain.

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