La ville de Kisangani retient son souffle. Depuis plusieurs jours, les messages de prévention se multiplient, les équipes sanitaires sont mobilisées et les habitants suivent avec inquiétude l’évolution de la situation. Ce qui n’était encore qu’une menace venue de l’Ituri est désormais une réalité dans la capitale de la Tshopo. Au 10 juillet 2026, la province compte quatre cas confirmés de maladie à virus Ebola, dont deux décès, selon les données de la riposte. Trois zones de santé de la ville sont désormais concernées.
Les chiffres, bien qu’encore limités, montrent une évolution que les autorités sanitaires suivent de très près. La zone de santé de Makiso-Kisangani enregistre deux cas confirmés, tandis que Mangobo et Lubunga comptent chacune un cas. Derrière ces statistiques se trouvent des familles endeuillées, des proches placés sous surveillance et des soignants engagés dans une course contre la montre pour empêcher le virus de gagner du terrain.
L’un des cas confirmés concerne une personne arrivée de Nia-Nia, dans la province voisine de l’Ituri. Retrouvée à Lubunga, elle est décédée avant d’être prise en charge. Ce cas illustre la facilité avec laquelle Ebola peut franchir les frontières provinciales à travers les déplacements quotidiens des voyageurs, des commerçants et des familles.
Dans les centres de coordination de la riposte, l’heure n’est pas à la panique, mais à la vigilance. Cent vingt-neuf personnes ayant été en contact avec les malades sont actuellement suivies. Chaque jour, les équipes médicales les rencontrent pour vérifier leur état de santé. Parallèlement, 40 cas suspects sont en cours d’investigation afin de déterminer s’ils sont liés ou non à l’épidémie.
Pour les professionnels de santé interrogés hors micros, le défi est immense. Kisangani est une ville ouverte, traversée par d’importants axes routiers, fluviaux et aériens. Les échanges permanents avec d’autres provinces rendent indispensable une détection rapide des cas et un respect rigoureux des mesures de prévention.
Sur le terrain, médecins, infirmiers, épidémiologistes, agents communautaires et volontaires de la Croix-Rouge poursuivent un travail souvent discret, mais essentiel. Identifier les contacts, sensibiliser les familles, désinfecter les lieux à risque, accompagner les malades et rassurer les communautés sont autant de missions qui se succèdent sans relâche.
Les autorités sanitaires de la tshopo, soutenues par plusieurs partenaires internationaux, insistent sur un message qu’Ebola peut être maîtrisé si chaque cas est détecté rapidement et si chaque citoyen adopte les bons réflexes. Signaler immédiatement une personne présentant une forte fièvre, des vomissements, une diarrhée ou des saignements inhabituels, éviter les contacts avec les liquides biologiques d’un malade et suivre les recommandations des équipes de santé restent les moyens les plus efficaces pour interrompre la chaîne de transmission.
Pour l’heure, la Tshopo ne fait pas face à une épidémie généralisée. Mais la progression du virus vers trois zones de santé de Kisangani rappelle que chaque journée compte. La rapidité de la riposte, la confiance entre les communautés et les équipes médicales ainsi que le respect des mesures sanitaires seront déterminants pour empêcher Ebola de s’enraciner davantage dans la province.

