Un mégaphone à la main, un regard tourné vers la population, des messages de prévention visibles en arrière-plan. À première vue, il s’agit d’une simple caricature. Pourtant, l’œuvre de l’artiste Roger Bamungu transmet un message qui dépasse largement le cadre artistique. Face à Ebola, l’indifférence et les rumeurs peuvent coûter des vies.
À travers cette illustration, l’artiste met en scène le député national Fontaine Mangala, élu de Kisangani, appelant la population à ne pas attendre que la maladie frappe leur quartier pour adopter les gestes de prévention. Une manière de rappeler que, dans une épidémie, le temps perdu se paie souvent au prix fort.
Le dessin ne cherche pas à faire peur. Il invite à réfléchir. Sur les panneaux qui entourent le personnage, les recommandations sont claires :
Se laver régulièrement les mains, éviter tout contact avec une personne présentant des signes suspects, ne pas manipuler les corps de personnes décédées dans des circonstances suspectes et suivre les informations diffusées par les autorités sanitaires.
Dans une province où les rumeurs circulent parfois plus vite que les informations médicales, cette caricature rappelle qu’un simple dessin peut devenir un véritable outil de santé publique. Là où les longs discours peinent parfois à convaincre, une image bien pensée attire le regard, interpelle et reste gravée dans les mémoires.
L’œuvre met également en lumière une réalité souvent négligée . La lutte contre Ebola ne se limite pas aux hôpitaux. Elle commence dans les familles, les écoles, les marchés, les églises et partout où l’information est partagée. Chacun a un rôle à jouer pour freiner la propagation de la maladie.

Cette caricature s’inscrit dans le cadre du programme Ebola InfoCheck de KIS24, qui mise sur un journalisme de proximité pour combattre la désinformation et diffuser des informations vérifiées. En associant l’art, la communication et la santé publique, cette initiative rappelle qu’une population bien informée est une population mieux protégée.
Dans la riposte contre Ebola, un dessin ne soigne pas un malade. Mais il peut convaincre une famille de changer un comportement. Et parfois, c’est précisément ce changement qui sauve une vie.

