À l’ouverture de la session ordinaire de septembre, ce mercredi 30 septembre à Kisangani, le président de l’Assemblée provinciale de la Tshopo, Dr Mateus Kanga Londimo, a accusé le ministre provincial de la Santé d’avoir manqué de transparence dans sa gestion de l’épidémie d’Ebola. Selon lui, une réponse plus « honnête » aux préoccupations des députés aurait pu permettre à la province de mieux anticiper la maladie.

Dans son discours, Mateus Kanga faisait référence à la réponse donnée par le ministre provincial de la Santé, le 14 mai 2026, à une question d’actualité soulevée par les députés lors de la précédente session. Il estime que cette réponse n’avait pas suffisamment reflété la situation sanitaire à laquelle la province était confrontée.

« Si le ministre provincial de la Santé avait été honnête lors de sa réplique du 14 mai 2026 à la question d’actualité qui lui a été adressée à la dernière session, on éviterait peut-être cette maladie dont les conséquences sont incalculables aujourd’hui », a-t-il déclaré.

Le président de l’Assemblée provinciale estime que cette situation impose désormais de rechercher les éventuelles responsabilités. Il a notamment demandé des enquêtes sur les circonstances ayant entouré l’entrée, dans la nuit du 28 au 29 juin, d’une dépouille d’une jeune femme de 24 ans en provenance de Niania. Pour lui, les personnes ayant fait preuve de manquement à leur devoir doivent répondre de leurs actes si les faits sont établis.

Mateus Kanga a également appelé à renforcer les efforts engagés dans la riposte, notamment l’accompagnement des équipes de terrain, la disponibilité des moyens nécessaires et la sensibilisation de proximité. Il a insisté sur la nécessité d’impliquer davantage les députés, les responsables religieux, les chefs coutumiers et les organisations de la société civile dans la prévention.

Le président de l’Assemblée provinciale a par ailleurs mis en garde contre la négligence, la dissimulation de cas suspects, la résistance aux équipes de riposte ainsi que les rumeurs et la désinformation, qu’il considère comme des facteurs susceptibles de favoriser la propagation de la maladie.

Cette intervention intervient quelques jours après le décès du docteur Victor Kingombe, survenu le 24 septembre à Kisangani alors qu’il était engagé dans la prise en charge des patients atteints d’Ebola. Mateus Kanga lui a rendu hommage, ainsi qu’aux autres professionnels de santé exposés dans le cadre de la riposte.

Face à la persistance de l’épidémie, il a enfin appelé à poursuivre les mesures destinées à interrompre la chaîne de transmission, estimant que la Tshopo doit jouer le rôle de « véritable bouclier sanitaire » pour empêcher la maladie de se propager vers d’autres provinces.

Denis BAKUMANI

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Campagne de sensibilisation contre Ebola