À peine descendu de l’avion samedi 11 juillet, le ministre national de la Santé publique, Dr Roger Samuel Kamba, a pris les commandes de la riposte contre la maladie à virus Ebola dans la province de la Tshopo. Dimanche 12 juillet, au gouvernorat de province, il a réuni les autorités politico-administratives, les responsables sanitaires et les partenaires techniques pour évaluer la situation et accélérer les mesures destinées à empêcher l’installation d’une transmission communautaire à Kisangani.

Le message porté par le ministre est sans ambiguïté :

Les quatre cas que nous avons sont des cas importés. Ils sont tous venus de l’Ituri. Toutefois, puisqu’ils ont été pris en charge à Kisangani, nous considérons que la ville est désormais touchée », a déclaré Roger Samuel Kamba au terme de la réunion stratégique.

Cette précision est loin d’être anodine. Si les contaminations ne sont pas survenues à Kisangani, leur prise en charge dans la capitale de la Tshopo place désormais la ville sous haute surveillance. Carrefour économique et principal point de transit entre l’est et le nord du pays, Kisangani constitue un espace où la circulation des personnes accroît le risque de propagation du virus.

Les données présentées par la Division provinciale de la santé montrent que les quatre cas confirmés sont répartis entre les zones de santé de Makiso-Kisangani (deux cas), Mangobo (un cas) et Lubunga (un cas). Deux patients ont succombé à la maladie.

Les équipes de riposte ont identifié 129 personnes ayant été en contact avec les malades. Mais seules 42 bénéficient actuellement d’un suivi quotidien, soit un taux de suivi de 32,6 %, un niveau jugé insuffisant pour interrompre efficacement les chaînes de transmission.

Au-delà de Kisangani, les autorités sanitaires gardent un œil attentif sur les zones de santé de Bafwasende et de Wanierukula. Leur proximité avec les foyers actifs d’Ebola en Ituri les expose à un risque élevé d’importation de nouveaux cas. Les spécialistes redoutent autant une transmission communautaire qu’une propagation dans les établissements de santé si les mesures de prévention ne sont pas renforcées.

Face à cette menace, le gouvernement central annonce un renforcement significatif du dispositif de riposte. Quatre Centres de traitement Ebola (CTE) seront installés à Bafwasende, Makiso, Kabondo et Lubunga. Des ambulances, des véhicules et 150 motos seront déployés pour améliorer les interventions sur le terrain. Le ministère prévoit également de renforcer les capacités des laboratoires, la surveillance aux points d’entrée, les activités communautaires, les mesures de prévention et de contrôle des infections (PCI/WASH), ainsi que la formation des équipes chargées des enterrements dignes et sécurisés.

Pour Roger Samuel Kamba, la réussite de cette stratégie dépendra autant des moyens mobilisés que de l’engagement de la population.

Tous les médecins ont été sensibilisés. Chaque cas suspect doit être signalé afin qu’il soit investigué et, si nécessaire, qu’un prélèvement soit effectué. C’est grâce à cette vigilance collective que nous pourrons stopper la propagation de la maladie », a-t-il insisté.

En choisissant de se rendre personnellement à Kisangani dès la confirmation des premiers cas, le ministre de la Santé entend envoyer un signal fort , Celui d’ empêcher que des cas importés ne se transforment en une épidémie locale. Les prochains jours seront décisifs pour mesurer l’efficacité de cette riposte renforcée, alors que la Tshopo cherche à éviter un scénario de transmission communautaire.

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Campagne de sensibilisation contre Ebola