Dans une lettre de dénonciation parvenue à la rédaction de KIS24, les comités locaux de développement (CLD) des groupements Bapume, Bamboli, Bakobi et Bangbo tirent la sonnette d’alarme. Face au Gouverneur de la Tshopo, ces représentants communautaires dépeignent une situation chaotique dans le secteur Popoy, où l’exploitation minière semble rimer avec terreur et violation des lois de la République.
Bien que la société All for One Mining ait été accueillie favorablement pour ses activités de recherche, la lune de miel est terminée. La communauté dénonce une exploitation à grande échelle sans permis adéquat, au mépris des articles 281 et 285 septies du Code Minier. Pire encore, les projets de développement communautaire, pourtant actés en juillet et novembre 2025, restent lettre morte pendant que les ressources du sous-sol sont évacuées.
Le dossier sécuritaire est le plus accablant. La société est accusée d’utiliser illégalement des militaires du bataillon 31022 des FARDC. Ces derniers auraient commis des actes d’une rare violence :
- Homicides : Les décès tragiques de MUKAA MAMBODI Etienne (tué par balle le 28/12/2025) et de SEKANI ABUE Gabriel (retrouvé mort après une agression le 11/03/2026).
- Exactions : Tortures, recours au « Rambé rambé » (travail forcé des creuseurs) et blessures graves par balles sur plusieurs civils, dont certains sont encore hospitalisés à Isiro dans un état critique.
Privée de l’accès à ses propres forêts pour l’agriculture, la chasse et la pêche, la population du secteur Popoy se dit meurtrie.
Entre l’usage de drones interdits et la présence d’étrangers non contrôlés, les signataires de la dénonciation demandent une intervention urgente de l’autorité provinciale pour rétablir l’ordre et la justice avant que le désespoir ne pousse les locaux vers des solutions extrêmes.

