La démolition des kiosques et petits commerces à Kisangani nous inquiète profondément. Derrière ces installations, il n’y a pas seulement des tôles, des planches ou des marchandises : il y a des hommes et des femmes qui se battent chaque jour pour faire vivre leurs familles.

Nous pouvons comprendre la nécessité d’organiser et d’assainir la ville. Mais une question mérite d’être posée : quelle place réservons-nous aux populations les plus vulnérables dans cette transformation de Kisangani ?

Quand un kiosque est démoli, ce sont parfois les revenus quotidiens d’une famille entière qui disparaissent. Ce sont des enfants dont les frais scolaires deviennent difficiles à payer, des familles qui risquent de ne plus pouvoir assurer leur nourriture ou leurs soins.

Réorganiser la ville, oui. Mais pas au prix de la souffrance des familles.

Nous appelons les autorités à privilégier le dialogue avec les personnes concernées, à expliquer clairement les mesures prises et à rechercher des solutions permettant de concilier l’ordre urbain avec la protection des moyens de subsistance de la population.

Une autorité ne se mesure pas seulement à sa capacité de démolir. Elle se mesure aussi à sa capacité de protéger, d’écouter et d’accompagner sa population.

Kisangani mérite une modernisation qui respecte sa population.

Derrière chaque kiosque, il y a une famille. Ne l’oublions jamais.

Par Francis Molenge, activiste

Leave A Reply

Campagne de sensibilisation contre Ebola