La province de la Tshopo fait face à un séisme politique depuis le mois d’octobre 2025, marqué par une pétition contre le Bureau de l’Assemblée Provinciale et une motion de défiance votée contre le Gouverneur provincial. Face à cette instabilité et surtout, aux réactions d’un membre du gouvernement central, la Coordination Provinciale de la Société Civile Forces Vives de la Tshopo est sortie de son silence, dénonçant une « interférence » dangereuse et appelant au respect de la légalité.

Dans une déclaration faite ce mardi 04 novembre 2025, la Société Civile de la Tshopo rappelle que l’exercice des motions et pétitions par les Députés provinciaux est un « exercice démocratique reconnu de tous » et conforme aux lois du pays. L’instabilité au sommet de l’Exécutif provincial pose cependant une question fondamentale : « quelle est l’institution compétente à donner solution » ? Le garant des institutions, le Président de la République, ou les instances judiciaires ?
L’inquiétude majeure de la Société Civile réside dans la réaction du Vice-Premier Ministre, Ministre de l’Intérieur. Ce dernier, dans une correspondance adressée au Président de l’Assemblée Provinciale, aurait enjoint les membres du comité provincial de sécurité de « prendre les dispositions utiles pour garantir la stabilité des institutions de la province, » estimant que la procédure n’était « pas favorable en cette période critique ou la nation demeure confrontée à une grave crise sécuritaire. »

Pour la Société Civile Forces Vives de la Tshopo, cette intervention du patron de l’Intérieur national est non seulement une « interférence » dans une affaire relevant des compétences du Chef de l’État ou des instances judiciaires, mais elle est surtout de nature à « attiser le feu ».

« Cette réaction […] risque de replonger la province dans une insécurité plus profonde qu’au paravent, au mieux dans un bain de sang comme le cas des conflits MBOLE et LENGOLE de triste mémoire »,met en garde la société civile.

Elle exprime sa difficulté à comprendre la démarche du VPM, qui semble « parler d’une chose et son contraire en voulant étouffer la décision de l’Assemblée d’une part et de prévaloir la stabilité des institutions d’autres part. »

Pour sortir de cette impasse institutionnelle, la Société Civile Forces Vives de la Tshopo formule des recommandations claires aux acteurs clés :

  • Au Président de la République : De prendre ses responsabilités en tant que garant du bon fonctionnement des institutions.
  • Aux Honorables Députés Provinciaux : De faire un choix responsable du futur Gouverneur, seul gage de stabilisation des Institutions et de réponse aux attentes de la population.
  • Aux Services de Sécurité : De respecter l’article 28 de la Constitution qui stipule que « Nul n’est tenu d’exécuter un ordre manifestement illégal. »
  • À la Population : De garder le calme et de ne pas céder aux manipulations politiciennes.

La Coordination Provinciale de la Société Civile, par la voix de son Vice-Président, Franck Linaito Belekea, souhaite ardemment que le dossier « suive sa cour normale devant les instances compétentes. » Un appel clair à la désescalade et au strict respect de l’État de droit pour préserver la Tshopo d’une nouvelle crise.

Journaliste Multimédia & Reporter

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