En plein dialogue interactif renforcé sur la situation des droits humains en RDC, au Conseil des droits de l’homme de l’ONU à Genève, le défenseur congolais des droits humains et Président du Groupe Lotus, basé à Kisangani, Dismas Kitenge Senga, a, ce mardi 09 septembre 2025, brossé un tableau sombre et détaillé de la situation en République Démocratique du Congo (RDC). Kitenge, a, tout de même, alerté la communauté internationale sur l’aggravation des crises sécuritaire, humanitaire et des droits humains qui frappent le pays, en particulier dans l’Est.

Dans son intervention, Kitenge a décrit la RDC comme traversant « un des pires moments de son histoire », une conséquence directe de l’agression rwandaise et de la persistance d’un conflit armé complexe. Selon lui, malgré les lueurs d’espoir que représentent les accords de paix de Washington et de Doha, les populations civiles continuent de subir des violences extrêmes et multiformes sur le terrain.

Dans son speech, Dismas Kitenge a mis en lumière la détérioration de la situation depuis la chute des villes de Goma et de Bukavu. Les violences, presque systématiques, a-t-il dit, touchent des groupes vulnérables notamment des jeunes enrôlés de force, des femmes et jeunes filles victimes de violences sexuelles, ainsi que des journalistes, des défenseurs des droits humains et des agents humanitaires.

Ces actes, incluant des meurtres de non-combattants et des attaques contre des édifices civils, ont été qualifiés de crimes internationaux : crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Kitenge a également pointé du doigt les forces de l’ordre congolaises. Il a reconnu les exactions passées des forces d’autodéfense Wazalendo, qui sont maintenant intégrées à l’armée régulière.

« Ces forces ne prennent pas les précautions nécessaires pour protéger les populations civiles et ne font pas de distinction claire entre combattants et non-combattants », a-t-il signifié, peu avant de soulever le problème des violences sexuelles, de la torture et des traitements inhumains qui persisteraient au sein des forces de l’ordre.

Dans la même occasion, Dismas Kitenge a dénoncé le non-respect des droits des défenseurs des droits humains, de la presse et de l’opposition politique par le gouvernement congolais. Il s’est alarmé de la réduction de l’espace civique, de la multiplication des arrestations et des détentions illégales, et du rétablissement de la peine de mort, qu’il a qualifié de « préoccupation majeure ».

Aussi, Kitenge a cependant salué les initiatives du gouvernement congolais pour la justice transitionnelle, notamment la création du FONAREV (Fonds national de réparation en faveur des victimes) et de la CIAVAR (Commission interinstitutionnelle d’aide aux victimes). Il a appelé le Conseil des droits de l’homme à soutenir et à accompagner ces institutions pour la mise en œuvre de la justice et des réformes juridiques.

Pour Kitenge Senga, la lutte contre l’impunité doit être la priorité. Il a insisté sur l’idée qu’il n’y a « pas de paix sans justice et sans justice, pas de paix durable ». Pour celà, Kitenge a demandé l’extension de la Mission d’établissement des faits de l’ONU à d’autres provinces touchées par les conflits, telles que l’Ituri, le Tanganyika et la Tshopo.

« j’exhorte également la communauté internationale à ne pas abandonner les droits humains en RDC et à renforcer le soutien au Haut-Commissariat aux Droits de l’Homme, tout en appuyant l’opérationnalisation d’une commission d’enquête réclamée par la société civile », a-t-il ajouté.

La RDC prend part à la 60eme session ordinaire du Conseil des Droits de l’homme des Nations-Unies ouverte ce lundi 8 septembre 2025 à Genève en Suisse. Durant près de cinq semaines de session soit du 8 septembre au 3 octobre 2025, le Conseil va examiner plus de soixante rapports présentés par le Secrétariat des Nations Unies et le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, des experts des droits de l’homme et d’autres organes d’enquête concernant de nombreux thèmes et intéressant la situation des droits de l’homme dans plus de quarante pays.

Lundi et mardi, la délégation congolaise a été au rendez-vous du haut de la tribune. Outre Dismas Kitenge, les ministre de la justice, Guillaume Ngefa, le ministre des droits humains, Samuel mbemba, le Ministre de la communication et médias, Patrick muyaya et Mme Bintou Keita, la représentante spéciale du Secrétaire général de l’ONU et l’experte internationale du haut commissariat aux droits de l’homme sur la RDC, ont pris la parole, lors de ce dialogue interactif renforcé sur la situation des droits humains en RDC.

Journaliste Multimédia & Reporter

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