Dans une ville où la sécheresse sociale rivalise avec le manque d’eau, le mouvement citoyen FILIMBI Tshopo a choisi de rompre avec silence pour remonter à la source du problème au sens propre comme au figuré.

Face à l’interruption prolongée de la distribution d’eau potable à Kisangani, les jeunes activistes de FILIMB n’ont pas cédé à la simple indignation. Ils ont initié un dialogue direct le jeudi 31 Juillet 2025 avec les responsables de la REGIDESO, malgré l’absence du directeur général. Au cours d’un entretien d’une heure avec le personnel intérimaire, ils ont levé le voile sur les causes techniques de cette crise : « Deux transformateurs défectueux paralysent l’usine de traitement d’eau, condamnant la ville à une soif collective », déclare Joel MBIYA, coordonnateur du mouvement citoyen FILIMBI Tshopo.

Le quotidien à Kisangani s’est transformé en une lutte pour avoir de l’eau potable : des familles entières errent dans les quartiers, bidons jaunes en main, traquant désespérément quelques litres d’eau. Ce manque chronique métamorphose les rues en scènes de détresse, où la dignité humaine se heurte à une urgence sanitaire croissante, accentuée par la résurgence du choléra dans le territoire Tshopolais tout prêt de la ville de Kisangani.

« Cette démarche n’est pas une simple formalité administrative. Elle traduit une volonté farouche de bâtir des solutions durables, de comprendre les défis techniques et surtout, de faire entendre la voix de la population » a insisté MBIYA.

« Dans une ville où l’eau se monnaye comme un luxe et où le silence devient complice, FILIMBI Tshopo incarne une jeunesse lucide, résolue à ne pas céder à la résignation. Par la confrontation des autorités, l’interpellation des médias et la mobilisation populaire, ce mouvement démontre que la citoyenneté active n’est ni une chimère ni un slogan c’est un levier de changement concret », renchérit Senior Bushiri, membre actif de FILIMBI.

Au-delà du dysfonctionnement technique, la pénurie d’eau à Kisangani est le miroir d’un malaise social plus profond. Si la solution ne jaillit pas encore des robinets, elle coule désormais dans les veines d’une génération prête à porter haut les idéaux de justice, de transparence et de dignité humaine.

En réponse à cette situation, FILIMBI a promis d’initier une série de plaidoiries auprès des autorités provinciales, dans l’espoir de trouver rapidement une solution avant que le spectre du choléra ne s’abatte sur Kisangani.

De son côté, la REGIDESO a exhorté le mouvement citoyen à interpeller les institutions étatiques, mairie, gouvernorat, assemblée provinciale et autres afin qu’elles s’acquittent des factures liées à leur consommation d’eau, un impératif souvent négligé.

Dans cette perspective, Joel MBIYA a martelé que : « La clé de cette crise réside dans la dotation urgente de la REGIDESO en transformateurs électriques à haute tension. Sans cela, la ville restera prisonnière d’une soif imposée. »

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