Derrière les débats techniques de la Conférence des Présidents des Assemblées provinciales de la RDC (COPAP-RDC), un message politique fort a émergé. Celui porté par le président de l’Assemblée provinciale de la Tshopo, Dr Mateus Kanga Londimo, qui estime que les Assemblées provinciales doivent enfin être entendues au plus haut sommet de l’État.

Face au ministre de la Communication et Médias, porte-parole du Gouvernement, Patrick Muyaya, le président de l’Assemblée provinciale de la Tshopo a demandé que le Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, reçoive les présidents des Assemblées provinciales à l’issue des travaux de la COPAP-RDC.

Pour Mateus Kanga, cette rencontre permettrait aux représentants des organes délibérants des provinces d’exposer directement au Chef de l’État les réalités auxquelles ils sont confrontés dans l’exercice de leurs missions.

Les Exécutifs provinciaux ont souvent l’occasion de faire part de leurs préoccupations au Chef de l’État. Les Assemblées provinciales, quant à elles, n’ont jamais eu cette opportunité. Nous sollicitons qu’il puisse nous recevoir à l’issue de ces assises afin de lui faire comprendre notre rôle dans l’équilibre démocratique », a-t-il déclaré.

Un rôle souvent mal compris

Au-delà de cette demande d’audience, Mateus Kanga a voulu déconstruire une perception qu’il juge persistante , celle qui présente les Assemblées provinciales comme des institutions de confrontation.

Selon lui, cette image ne reflète ni leur mission constitutionnelle ni leur contribution à la gouvernance des provinces. Les Assemblées provinciales ont pour vocation de légiférer, de contrôler l’action des exécutifs provinciaux et de porter la voix des populations.

Il a insisté sur le fait que le contrôle parlementaire ne devrait pas être interprété comme une tentative de déstabilisation des gouvernements provinciaux, mais comme un mécanisme normal de transparence, de redevabilité et d’amélioration de la gestion publique.

Chaque fois que nous exerçons notre mission de contrôle, cela est interprété comme une tentative de faire tomber un Exécutif provincial, alors que nous agissons parfois dans un esprit pédagogique et pour améliorer la gouvernance », a expliqué le président de l’Assemblée provinciale de la Tshopo.

Redorer l’image des Assemblées provinciales

Le président de l’Assemblée provinciale de la Tshopo a également invité le Gouvernement à renforcer la communication institutionnelle autour des Assemblées provinciales afin que leur rôle soit mieux compris par les citoyens.

À ses yeux, ces institutions constituent un maillon essentiel de la décentralisation et du fonctionnement démocratique du pays. Elles participent au contrôle de l’action publique et à l’équilibre des pouvoirs, deux principes consacrés par la Constitution.

Il a enfin rappelé que toutes les institutions issues de la majorité seront évaluées par la population sur la base de leurs résultats, plaidant ainsi pour une reconnaissance équitable du travail accompli par les Assemblées provinciales.

Réunis à Kinshasa dans le cadre de la session extraordinaire de la COPAP-RDC, les présidents des Assemblées provinciales poursuivent leurs échanges sur les réformes destinées à renforcer la gouvernance provinciale, consolider la décentralisation et améliorer le fonctionnement des institutions locales en République démocratique du Congo.

Leave A Reply

Campagne de sensibilisation contre Ebola