À Kinshasa ,la gestion de la masse salariale de la fonction publique revient au centre des débats politiques en République démocratique du Congo. Dans une question d’actualité adressée au Vice-Premier ministre en charge de la Modernisation et de l’Innovation du service public, l’honorable Patrick Matata Makalamba, professeur des universités, met en cause la capacité de l’État à maîtriser ses effectifs et à sécuriser son fichier de paie.
Dans son interpellation, le député s’appuie sur plusieurs textes récents encadrant la gestion des rémunérations dans l’administration publique, dont l’ordonnance n°25/293 du 15 décembre 2025. Il estime que, malgré les réformes engagées depuis plusieurs années, les mécanismes de contrôle des effectifs restent insuffisamment efficaces et exposés à de nombreuses failles.
Au cœur de son argumentaire figure un constat budgétaire préoccupant :
La masse salariale de l’État aurait dépassé la moitié des recettes courantes à la fin du troisième trimestre 2025, un seuil généralement considéré comme critique pour la soutenabilité des finances publiques.
Patrick Matata pointe également la persistance de dysfonctionnements dans la gestion administrative, notamment la présence récurrente de « non ayants droit » dans les états liquidatifs, en dépit des opérations de contrôle successives menées par les services compétents.
Pour l’élu, ces insuffisances traduisent une crise structurelle du système de gestion des ressources humaines de l’État, marquée par un manque de fiabilité des mécanismes de vérification et une difficulté à assainir durablement le fichier de paie.

Trois questions centrales sont posées à l’exécutif :
L’ effectivité réelle de la maîtrise des effectifs, l’évolution chiffrée de la masse salariale depuis la prise de fonction du ministère concerné, et les mesures envisagées pour mettre fin aux irrégularités persistantes dans le système de rémunération.
Cette interpellation intervient dans un contexte de forte pression sur les finances publiques, où la rationalisation de la dépense salariale demeure l’un des principaux défis macroéconomiques du gouvernement. Elle relance, une fois de plus, le débat sur la transparence et la réforme de la fonction publique en RDC.

